‹ Les philosophes contemporains IChapitre 132 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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« causes finales de vos méthodes, s'ensuit-il « qu'il n'y en ait pas* ?

On ne peut pas mieux dire. Les savants, en effet, ont beau ne pas s'inquiéter des causes finales, leur dédain ne les supprime pas et ne change pas la nature de l'esprit humain qui ne se contente pas de la recherche des causes ph3^siques. Ils croient battre en brèche la doctrine des causes finales en s'attachant exclusivement aux causes efficientes : « Il ne faut « pas dire, selon eux, que l'oiseau a des ailes « pour voler, mais qu'il vole parce qu'il a « des ailes. » Mais en quoi, je vous le de- « mande, ces deux propositions sont-elles « contradictoires? En supposant que l'oiseau « ait des ailes pour voler, ne faut-il pas que « son vol résulte de la structure de ses ailes? <c Par conséquent, de ce que le vol est un ré- « sultat, a-t-on le droit de conclure qu'il « n'est pas en même temps un but... Si l'au- « teur de la nature a voulu que les oiseaux <c volassent, que pouvait-il faire de mieux « que de leur donner des ailes- ? »

Objection de Descartes. — Descartes ne nie pas l'existence des causes finales, il croit seulement que la raison est trop faible pour s'é-

lever jusqu'à elles et que leur recherche est une témérité. Mettons-nous « toujours devant a les yeux, dit Descartes * que la capacité de « notre esprit est fort médiocre et que nous (c ne devons pas trop présumer de nous-mê- « mes, comme il semble que nous ferions si « nous supposions que l'univers eût quelques « limites, sans que cela nous fût assuré par « la révélation divine, ou du moins par des « raisons naturelles fort évidentes, parce que « ce serait vouloir que notre pensée pût s'ima- « giner quelque chose au delà de ce à quoi la « puissance de Dieu s'est étendue en créant « le monde; mais aussi encore plus si nous a nous persuadions que ce n'est que pour (c notre usage que Dieu a créétoutes les choses, a ou bien seulement si nous prétendions de « pouvoir connaître par la force de notre es- « prit quelles sont les fins pour lesquelles îl « les a créées. »

M. Janet fait remarquer la confusion qui règne dans ce passage de Descartes. Il y a une grande différence, en effet, entre savoir si tout a été créé pour Thomme, si les êtres ont une fin et quelle est leur fin dernière. Or, quoi qu'en dise Descartes, l'homme peut, sans témérité et malgré la faiblesse de son esprit, rechercher si les êtres ont été crééspour un but.

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