Principes de philosophie^ III* partie
Quand même j'ignorerais quel but Dieu a voulu atteindre en créant cet être, je vois fort bien qu'il en a un, car le but se manifeste avec évidence par la structure et l'organisation des êtres. Quelle a été la pensée dernière de Dieu en créant les oiseaux? Je n'en sais rien; mais ce qu'il y a de bien certain, c'est qu'il les a organisés pour le vol.
On se sert, contre la théorie des causes finales, des abus qu'on a pu faire d'un principe excellent en lui-même. De quoi n'a-t-on pas abusé? Nous ne voulons légitimer aucune des fausses applications qui ont été faites et nous les condamnons, mais il n'est pas permis d'invoquer, contre une doctrine, des exagérations qui ne lui sont pas imputables.
Les Épicuriens reprochent à la doctrine des causes finales d'intervertir l'ordre des faits et de prendre l'effet pour la causée Nous disons : l'homme a reçu les yeux pour voir, ils répliquent : c'est le contraire qui est vrai; l'homme voit, parce qu'il a des yeux. Les yeux n'ont pas été faits pour cet usage seulement, mais comme c'est très commode, l'homme s'en sert pour voir.
L'objection ne pose pas le problème là où il est véritablement. Il ne s'agit pas, en effet,