‹ Les philosophes contemporains IChapitre 134 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

Page

de dire : telle cause étant posée, tel effet doit suivre, étant donné rœil, la vision suit naturellement, il s'agit de savoir d'où vient l'œil? Là est la question. Si vous supposez Texistence derorgane,il est clair qu'il fontionnera, mais, encore une fois, d'où vient Torgane ? Est-il le résultat fortuit d'une force aveugle et inconsciente? Nous avons déjà prouvé l'absurdité de cette conclusion. Si vous la présentez sous une forme nouvelle en lui donnant le nom de thèse des conditions de l'existence*, et si vous dites que le hasard, après avoir essayé un nombre incalculable de combinaisons, a fini par trouver les conditions de l'existence des êtres et qu'il s'en est tenu là, nous répondons tout simplement que votre hypothèse est absurde. C'est le hasard qui a fait l'œil? Soit; cependant, permettez-nous d'en être étonné. Qu^il en ait réussi un, passe; deux, c'est plus fort; trois, des milliers, ceci ne se discute pas. Si Tœil a été trouvé une fois par le hasard, il y a un millier de chances pour qu'il ne la trouve pas une seconde fois. Vous objectez les monstres? Je réponds : ce qui est inexplicable dans votre théorie, c'est que les monstres ne soient pas la règle et que, même dans les plus difformes, il y a un

Page 1