‹ Les philosophes contemporains IChapitre 135 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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ordre, une proportion que le hasard ne peut pas produire ^

Les objections réfutées dans ce chapitre soulèvent à peu près toujours les mêmes difficuhés. Nous croyons donc inutile de les examiner toutes.

Les positivistes s'imaginent que la doctrine des causes finales a recours au surnaturel et aux miracles : il n'y a rien de commun entre les deux thèses.

Les naturalistes objectent : les organes inutiles, les organes rudimentaires, les adaptations apparentes et nuisibles.

Parmi les organes inutiles on signale en particulier la rate : elle est inutile ? qu'en savez-vous? Elle n'est pas nécessaire, c'est vrai, mais parce que la fonction cherchée par les physiologistes n'est pas encore trouvée, vous n'êtes pas autorisé à dire qu'elle est inutile.

~ Les organes rudimentaires sont entre autres: les mamelons chez l'homme : des ailes atro-

1 . « Personne ne s'étonne qu'un homme, en tombant, se casse la jambe; et que cette jambe, mal remise, devenant plus courte que l'autre, cet homme soit boiteux. Pourquoi n'en serait-il pas de môme dans le sein maternel (p. 335)? » Les monstres sont le résultat de la faiblesse ou des dispositions défectueuses des causes secondes; les causes secondes sont créées, par conséquent faillibles.

phiées incapables d'agîr chez certains insectes, des rudiments de dents dans les embryons de certains oiseaux ^ Les explications des naturalistes touchant les organes rudimentaires sont-elles contraires aux causes finales ? Non, car les deux seules explications connues, celle de Geoffroy et celle de Lamarck, ne prouvent rien contre la finalité. La première, en effet, est la théorie de l'unité du type en vertu de laquelle, le type restant le même, la nature le varie de telle sorte que des organes devenus inutiles restent comme un vestige du plan primitif. La seconde est la thèse de l'atrophie des organes par défaut d'habitude. Rien de plus simple que la nature tende à faire disparaître des organes devenus inutiles. En dehors des deux seules explications des naturalistes, M. Janet eût pu aussi exposer une considération qui a son importance. Dans la formation des organes, la nature a eu pour but premier Tutilité de l'animal, mais si l'utilité est le but principal, n'y a-t-il pas des buts secondaires, tel que, par exemple, la beauté plastique de l'individu ? A ce point de vue nouveau, un organe inutile pour le service de l'animal n'est pas indifférent à sa beauté : si notre mémoire est fidèle, c'est là une pensée

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