‹ Les philosophes contemporains IChapitre 142 sur 244 · L. II, p · texte numérisé non relu

L. II, p

« tions, dîs-je, il y a encore un assez large ina tervalle. »

L'intervalle ne nous paraît pas aussi large qu'à M. Janet. Il ressort, en effet, des discussions précédentes, non seulement qu'il y a des buts dans la nature, mais encore que cette finalité, dûment constatée, n'est explicable que par l'intervention d'une intelligence. La réfutation des objections a démontré la fausseté de toutes les hypothèses qui nient cette intervention, par conséquent on peut conclure, dès à présent, à l'existence de cette cause intelligente. Cette cause ne peut être qu'un entendement divin, car si la finalité de la nature n'est l'œuvre ni de l'homme, ni de toutes les autres causes alléguées par les doctrines contraireSj pourquoi ne dirions-nous pas qu'elle est le fait d'un entendement supérieur à l'entendement humain et aux causes présentées parles objections? >^ ^

M. Janet creuse encore davantage l'intervalle qui, d'après lui, sépare les déductions du premier livre de la conclusion du second : « Si nous disions : Il y a dans la nature tel (( être (lui-même membre et partie du tout), « qui agit d'une certaine manière : donc, la « cause première de ce tout a dû agir de la a même manière: si, dis-je, nous raisonnons a ainsi, et c'est là ce qu'on appelle générale-

« ment la preuve de Dieu par les causes fina- « les, il n'est pas douteux que nous ne faste sions là un raisonnement bien hardi et bien « téméraire, qui, en tout cas, n'est nullement « contenu dans le précédente »

Un raisonnement n'est ni hardi, ni téméraire quand il fait découler une conclusion des prémisses qui la contiennent. Or, les prémisses du premier livre contiennent évidemment la conclusion que M. Janet ne veut pas' tirer encore. Quand on a écarté, du problème de la finalité, toutes les causes qui sont dans la nature, l'homme, le mécanisme, le hasard, la fatalité, etc., il ne reste qu'à affirmer une cause en dehors et au-dessus de la nature. Cette cause est évidemment très intelligente, très sage, très puissante, elle est donc ce que les hommes appellent : Dieu. C'est ici, mais ici seulement, qu'on pourrait avoir un scrupule et nous dire : <c Vous concluez : c'est « Dieu; vous vous hâtez trop, car qui sait si « cette causé très intelligente, très sage et très « puissante ne serait pas un esprit supérieur a à l'homme et à la nature, sans cependant a être Dieu. » — Nous comprenons tout au plus cette hésitation. Mais alors il faudrait circonscrire la discussion entre Dieu et cette cause qui ne serait pas Dieu ; on chercherait

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