‹ Les philosophes contemporains IChapitre 149 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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légitime et une interprétation suffisamment acceptable des phénomènes ? Non, car i^ une hypothèse qui aujourd'hui n'est plus légitime ne peut pas l'avoir été autrefois. Dans les questions spéculatives, le temps ne fait rien à Talfaire, et il importe peu qu'une hypothèse se soit produite à une époque ou à une autre* 2» En soi, le polythéisme n'est, comme hypothèse, légitime à aucun titre.

Les créatures, en effet, ont toujours été sous les yeux de l'homme, or, par leur intermédiaire, l'homme peut connaître Dieu de trois manières, dit saint Thomas d'Aquin *. Premièrement par voie de causalité. Les créatures sont défectibles et changeantes, il faut donc les ramener à un principe immobile et parfait. Ces déductions ne sont pas hors de la portée de l'esprit humain. Secondement j par voie d'excellence, ce principe immobile et parfait ne peut être cause ni partielle ni semblable, il est universel et suréminent. — Par ce principe, dont les conséquences sont encore faciles à déduire, saint Thomas réfute la thèse des causes proportionnées de Kant. Troisièmement, par voie de négation. Si, en effet, la cause est suréminente, les perfections limitées des créatures ne peuvent lui convenir.

Les sectateurs du polythéisme n'avaient

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