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tout puissant, car un être capable de se donner l'être, ne peut le faire qu'en vertu d'une puissance sans limites. En effet, créer un seul atome suppose la toute puissance, car, pour faire que là où il n'y a rien, il y ait quelque chose, il faut une puissance irrésistible. C'est ce que démontre fort bien saint Thomas*. « C'est, dit-il, un principe incontestable que « plus une chose en puissance est éloignée « de l'actualisation, et plus grande est la force « requise dans l'agent; or, le néant est à une « distance incommensurable de Têtre, car il « n'y a entre eux aucune proportion, aucun « point de contact, ils sont séparés par un « abîme; pour tirer un être du néant, il faut « donc une puissance infinie. Une telle puis- « sance est requise pour la création d'un seul « atome et, à plus forte raison, pour que le « principe premier se donne l'être à lui-même. « (L'expression, « se donner l'être, » n'est « pas absolument exacte, mais il faut se rési- « gner à l'imperfection du langage quand on « parle des perfections de Celui qui est.) Le t( principe premier est donc nécessairement « doué d'une puissance infinie. Ce qui est
1. Somme théologique, première partie, question 45, article 5, ad. 3. — Tous ceux qui sont familiarisés avec la terminologie scolastique comprendront Targumentation du saint docteur.
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ce vrai de la puissance, est vrai aussi de la per- « fection. Si, en effet, il opère des œuvres qui « supposent une puissance infinie, il ne les « produit et il ne peut les produire qu'en tant <( qu'il est en acte; son acte, c'est-à-dire sa <( perfection (car les deux mots sont synony- « mes), est donc en proportion avec ses œu- « vres. Si, d'ailleurs, ses œuvres supposent « une puissance infinie, il s'ensuit que sa per « fection est en rapport avec sa puissance : « en d'autres termes, que sa perfection est in- « finie comme sa puissance ^ » Il n'est donc pas permis de supposer quelque chose de mauvais et d'impuissant dans le principe premier. Si le premier principe est tout puissant et parfait, d'où vient donc le mal sous quelque forme qu'il se présente? Leibnitz a admirablement répondu dans sa Théodicée -.
Nous ne reviendrons pas sur une question que nous avons déjà rencontrée.
M. P. Janet doit penser que nous nous pressons trop de tirer les conclusions des prémisses posées : « Autre chose, dit-il, est l'existence « d'une cause intelligente, autre chose est la « transcendance ou l'immanence de cette
1. Somme théologique^ première partie, question 4, article I.