Première partie, ch. xx et suiv
« cause Les métaphysiciens ont trop sou-
« vent le tort d'arborer la maxime funeste des « radicaux politiques : tout ou rien. Ils « n'admettent pas assez ce que Ton peut appe- « 1er la monnaie de la vérité. Une demie, un <c tiers, un quart de vérité n'ont aucune valeur « à leurs yeux si on ne leur accorde pas tout « ce qu'ils demandent, cependant il y a un « milieu entre tout savoir et ne rien savoir; « et, en toutes questions, entre les termes « extrêmes, il y a bien des degrés. Entre « l'hypothèse d'une nature produite par leha- « sard et celle d'une cause absolument parfaite, <( il peut y avoir bien des nuances d'opinion « dont aucune n'est à dédaignera »
Le radicalisme a son bon côté en métaphysique, ou plutôt il n'est que la conséquence des droits de la vérité sur l'esprit humain. Un métaphysicien ne peut pas se contenter d'une moitié, d'un quart de vérité, car une vérité ainsi tronquée conduit nécessairement à une erreur, si même ce retranchement n'en fait pas une erreur. Il n'est pas permis de mutiler ainsi la vérité; elle est ou elle n'est pas. Sans doute, les vérités n'ont pas la même importance, on ne peut pas comparer, par exemple, la vérité de l'existence du papier sur lequel je trace ces lignes, avec la vérité d'un axiome,