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mais toujours est-il qu'une vérité diminuée n'est pas autre chose qu'une erreur. La monnaie dont on voudrait nous payer est de mauvais aloi. Une proposition est vraie ou fausse et quand, dans une proposition, il y a une part de vérité, le rôle du métaphysicien est de la dégager de l'alliage et de la maintenir dans toute sa pureté. Nous disons qu'une proposition peut contenir quelquefois une partie de vérité. Mais cela n'est pas en contradiction avec ce que nous appelons l'absolu de la vérité. L'erreur, mêlée à la vérité dans une proposition , ne diminue pas celle-ci en ellemême, elle l'obscurcit. Le nuage ne tempère l'éclat du soleil que pour ceux qui sont en dessous, montez et vous contemplerez le so^ leil dans toute sa splendeur. De même, écartez, par une distinction, l'errqur qui cache la vérité, et la lumière jaillira. Quand donc, on dit qu'il y a des nuances d'opinions acceptables entre l'hypothèse du hasard et celle d'une cause absolument parfaite et transcendante, on prend trop facilement son parti des erreurs qui voilent Téclat de la vérité. De deux choses l'une, en effet : ou bien l'hypothèse de la cause parfaite et transcendante est vraie, et alors les autres sont fausses; ou bien elle est fausse, il faut alors en chercher une autre; mais entre les deux alter-
natives, il n'y a pas de milieu où Ton puisse glisser les nuances d'opinions et la monnaie de la vérité.
Nous croyons donc que M. P. Janet fait ici des concessions regrettables et qu'il n'affirme pas assez hautement l'incontestable supériorité de sa thèse sur les théories coutraires. Ces scrupules exagérés déparent, selon nous, la seconde partie du livre de Téminent philosophe. Il s'exprime ainsi au commencement du chapitre second : « Le nœud de Targu- « ment dit des causes Jînales ou argument « physico-théologique est dans cette majeure « de Bossuet : Tout ordre, c'est-à-dire toute « proportion entre les moyens et les buts, « suppose une cause intelligente. Or c'est là « aussi que réside la difficulté radicale de Tar- « gumenl, que l'ordre de la nature, que la fi- « nalité du monde suppose un principe spéci- « fique, approprié, c'est ce * qui peut être a accordé : mais ce principe est-il nécessai- « rement un entendement, une volonté, une « réflexion libre et capable de choix? C'est là (( une autre question et un nouvel objet de « contestation ^ »
Ne semble-t-il pas que nous revenons en arrière et que nous perdons le terrain si péniblement conquis? Toute la première partie de