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« axiome, nî un fait. » La finalité n'est pas, il est vrai, un principe inhérent à Tesprit humain, mais n'est-elle qu'une hypothèse, qu'une opinion? C'est l'amoindrir singulièrement. Une hypothèse, une doctrine et une opinion peuvent être vraies ou fausses, et, si la finalité n'est que cela, il est possible qu'elle soit vraie, mais il n'est pas impossible qu'elle soit fausse. Parce qu'on ne lui applique pas le procédé dont on se sert pour démontrer un théorème, ne sera-t-elle qu'une hypothèse probable? N'y a-t-il donc que les démonstrations de la géométrie qui soient rigoureuses? Je ne puis pas prouver mon existence personnelle comme je prouve que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits, est-ce une raison pour en douter, et le fait de mon existence ne sera-til pour moi qu'une hypothèse? La finalité, M. P. Janet nous le rappelle, est une induction résultant de l'analogie. Il a fait ressortir, dans la première partie de son livre, la valeur logique du procédé inductif fondé sur l'analogie, il a démontré qu'on pouvait,. par cette voie, arriver à des résultats aussi certains qu'en prenant un autre chemin, pourquoi maintenant les conclusions déduites de l'induction n'aboutiraient-elles qu'à une hypothèse? Ce n'est certainement pas la pensée de M. P. Janet, il s'en explique clairement à la page sui-
vante, mais, pour combattre la doctrine de Kant voulant faire de la finalité un concept subjectif, M. P. Janet penche trop du côté opposé.
2® Finalité immanente. — On a vu, dans ce qui précède, qu'un des points d'appui donnés au principe de causalité, c'est la comparaison entre les œuvres d'art et celles de la nature. Nous disions : voilà une montre, elle suppose un ouvrier qui, en la faisant, a eu un but; il en est de même des œuvres de la nature. Kant nie la légitimité de cette comparaison. « Il y a, dit-in, entre les œuvres de Tin- « dustrie humaine et celles de la nature, trois « différences qui ne permettent pas de com- « parer les unes aux autres. Les œuvres de la « nature ont • i^ une vertu formatrice; « 2^ une vertu séparatrice; 3** une vertu re- « productive. On ne constatç rien de sembla- « ble dans les œuvres de l'industrie hu- « maine, la comparaison doit donc être mise « de côté. »
Il faut avoir une terrible envie de disputer, pour chercher une pareille chicane, et je comprends la vérité de notre proverbe : faire une querelle d'Allemand. Quand nous comparions le corps humain à une montre, par exemple, et que nous disions devant cette admirable