‹ Les philosophes contemporains IChapitre 157 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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machine : si la montre suppose un ouvrier et un but, pourquoi n'en serait-il pas de même du corps humain î Quand nous raisonnions ainsi, pouvions-nous nous imaginer qu'on tiendrait nous dire : Pardon, vous vous trompez. La montre ne mange ni ne boit, elle ne se remonte pas toute seule, et elle ne se reproduit pas, donc votre comparaison n'a rien de vrai. C'est absolument comme si on nous reprochait de dire : Cette machine à vapeur est de la force de quarante chevaux, et qu'on nous fît charitablement remarquer, qu'il n'est pas permis de comparer une locomotive à un cheval, à plus forte raison à quarante chevaux. La comparaison (qui ne le voit?) ne porte que sur ceci. Voilà deux machines, une montre et un estomac*, la montre ne s'est pas faite toute seule, Testomac non plus, la montre a été faite pour marquer les heures, l'estomac pour digérer, celui qui a fait la montre l'a disposée en vue d'un but qu'il voulait atteindre, celui qui a fait l'estomac a agi de même. Les deux agents avaient donc un but ? Nous ne prétendons pas autre chose et notre comparaison s'arrête là.

1. On no noas soupçonnera pas d'adopter Thypothèse cartésienne.

Hegel a soutenu aussi 1-a thèse de la finalité immanente absolue, M. P. Janet la ramène à ces trois points *.

« 1** Il y a des causes finales dans la nature ; « et même tout est cause finale. Le domaine des « causes efficientes est celui de la nécessité « brute. La cause finale est la seule cause (c véritable : car seule elle a en elle-même la « raison de ses déterminations ;

a 2" Il ne faut pas se représenter la cause « finale sous la forme qu'elle a dans la consce cience, c'est-à-dire comme une représen- (c tation anticipée du but. Les fins qui sont « dans la nature ne sont pas semblables aux a fins que nous réalisons, lesquelles sont le « résultat d'un choix, d'une prévoyance, d'une (( activité volontaire. Il y a deux manières « d'atteindre la fin : l'une dont nous trouvons « l'exemple dans l'industrie humaine, l'autre « qui est rationnelle sans être consciente et « réfléchie, et qui est l'activité de la nature ;

c( 3** La finalité de la nature est une finalité « immanente, interne ; ce n'est pas, comme « dans les œuvres de l'industrie humaine, « une cause extérieure qui produit certains (( moyens pour atteindre une fin qui leur est <c étrangère , les causes, les moyens et la fin « constituant trois termes séparés les uns des

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