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losophe allemand est de décrire avec netteté et précision le principe d'idéologie, dont il abuse, au point d'en faire un monstre. Que signifient ces propositions: L'objet doit être identique au sujet, pour qu'un objet soit pensé, il faut qu'il soit dans le sujet?

Grâce à l'admirable psychologie de saint Thomas d'Aquin, nous espérons montrer la vérité des principes énoncés et faire toucher du doigt les abus qu'en fait Hegel.

Comment s'opère le phénomène de la conception intellectuelle? Je conçois un objet; soit le livre que j'ai sous les yeux. Je sais que c'est un livre de telle dimension, de telle couleur, comprenant tant de pages, traitant de telles questions, composé par tel homme, etc., en un mot, j'ai sur cet objet toutes les notions possibles. Si les notions sont adéquates à l'objet, je suis dans le vrai. Il est clair que ces notions sont subjectives, c'est-à-dire qu'elles sont en moi. Comment y sont-elles venues? Elles n'ont pas germé toutes seules, elles ont été provoquées par l'objet. L'objet existe donc. Où est-il? Est-il en moi? Oui et non. Il n'est pas en moi de la même manière qu'il est sur ma table, parce que : i"* il est impossible que ce tas de papier soit, tel quel, dans mon intelligence : personne ne dira que l'objet est matériellement dans le sujet; 2"" s'il était dans

mon intelligence tel qu'il est à parte rei, il ne serait donc plus sur ma table, et cependant je l'y vois toujours. A moins qu'on ne lui attribue le privilège de la bilocation.

Mais on ne doit pas s'arrêter là, car des milliers d'hommes peuvent le concevoir aussi bien que moi, il faudrait donc lui accorder le don de l'ubiquité. La première hypothèse est donc absolument inadmissible.

Cependant il faut bien qu'il soit en nioî puisque je l'ai conçu. Pour réaliser ce phénomène, mon intelligence n'est pas sortie de moi pour s'en aller dans l'objet. Il faut donc que l'objet soit venu à moi. Comment y est-il? Par son image, image adéquate à l'objet et qui a transformé mon intelligence en l'objet, mais en- se conformant aux exigences de la nature de mon intelligence. Mon intelligence étant immatérielle, l'objet s'y trouve d'une manière immatérielle, >c'est-à-dire idéale.

Or, des deux modes d'être de l'objet dans le sujet, Hegel choisit le premier, précisément celui qui est insoutenable. Si ce qu'il dit de ridée est vrai, il faudra admettre que, dans toute conception intellectuelle, l'objet est matériellement identifié avec le sujet. Dans la page citée par M. Janet, les deux modes d'être de l'objet dans le sujet sont mélangés avec une confusion déplorable.

« Lorsque je sais comment une chose est, <c je possède la vérité. C'est ainsi qu'on se re- « présente d'abord la vérité. Mais ce n'est là i< que la vérité dans son rapport avec la con- « cience ou la \ évité formelle, la simple jus- « tesse de la pensée. La vérité, dans un sens « plus profond, consiste, au contraire, dans ce l'identité de l'objet avec la notion. C'est de « cette vérité qu'il s'agit, par exemple, lorsc< qu'il est question d'un état véritable y d'une a r^nVaWe œuvre d'art. Ces objets sont vrais, « lorsqu'ils sont ce qu'ils doivent être, c'est- « à-dire lorsque leur réalité correspond à leur

« notion En général, rien ne peut subsis-

« ter où cet accord de la notion et de la réa- « lité ne se rencontre pas. La notion seule « est ce par quoi les choses subsistent, ce que « la religion exprime en disant que les choses « sont ce qu'elles sont par la pensée divine « qui les a créées et qui lès anime. Lorsqu'on « parle de Tidée, il ne faut pas se la repré- (c senter comme quelque chose d'inaccessible (( et comme placée au delà des limites d'une (c région qu'on ne peut atteindre. Car elle est, « au contraire, ce qu'il y a de plus présent, et « elle se trouve dans toutes les consciences, ce bien qu'elle n'y soit pas dans sa pureté et (C dans sa clarté. Nous nous représentons le « monde comme un tout immense que Dieu

« a créé et qu'il a créé parce qu'il y trouve sa « satisfaction. Nous nous le représentons « aussi comme régi par la Providence divine. « Cela veut dire que les êtres et les événe- « ments multiples qui composent le monde, « sont éternellement ramenés à cette unité « dont ils sont sortis et conservés dans un état « conforme à cette unité. La philosophie n'a « d'autre objet que la connaissance spécula- « tive de l'idée, et toute recherche, qui mérite « le nom de philosophie, ne s'est proposée « que de mettre en lumière dans la con- « science cette vérité absolue, que l'entende- « ment ne saisit en quelque sorte que par (c fragments. »

Tout en reconnaissant le caractère panthéistique de cette doctrine, M. Paul Janet n'en conteste pas la grandeur ^ Pour nous, nous la contestons formellement , car une conception n'est grande qu'à la condition d'être vraie.

Reprenons donc une à une les assertions de Hegel.

D'après lui, il y a deux degrés dans la vérité : le premier consiste dans l'exactitude du rapport entre l'objet et le sujet, et le second est l'identité entre les deux termes. Ce second degré est bien plus profond que Tautre.

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