‹ Les philosophes contemporains IChapitre 164 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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Ainsi, pour qu'une chose soit vraie de cette vérité fondamentale, il faut que Tobjet soit identique au sujet. Une œuvre d'art (c'est l'exemple de Hegel) ne sera véritable qu'à la condition d'être identique avec l'artiste. Le Moïse de Michel-Ange ne sera une véritable oeuvre d'art que si le sculpteur est identifié avec le marbre. L'abus que fait Hegel d'un principe vrai est ici palpable. Une œuvre doit être semblable à la pensée de l'artiste et répondre en tout point à son concept, c'est évident, mais conclure à Videntité, c'est dire que je ne conçois la vérité sur le livre dont je parlais tout à l'heure qu'à la condition de devenir matériellement et substantiellement livre moi-même. Si Hegel disait que, dans ce qu'il appelle V idée ,1^ pensée de Tobjet est identique à ridée elle-même, on pourrait peut-être s'entendre.

En mettant Dieu à la place de l'idée, on affirmerait l'identité de la pensée avec l'intelligence et de rintelligence avec l'essence, mais telle n'est pas la théorie du philosophe. Il lui faut l'identité de l'objet et de l'idée.

Il ajoute que la notion seule est ce par quoi les choses subsistent, ce que la religion exprime en disant que les choses sont ce qu'elles sont par la pensée divine qui les a créées et qui les anime. Il y a deux manières d'entendre cette

proposition. Les choses existent par la pensée divine, dans ce sens qu'elles ne sont que parce que la pensée divine les a conçues et réalisées, mais elles ne sont pas, dans ce sens que la pensée divine entre comme élément constitutif de leur existence individuelle. La pensée divine les anime, dans ce sens qu'elle les maintient dans l'existence au point que la conservation n'est, en quelque sorte, que la continuation de l'acte créateur, mais elle ne les anime pas, dans ce sens qu'elle supprime, en le remplaçant, le principe fondamental de leur activité.

Le sens que Hegel attribue à ces propositions est (tout le monde le sait) le pur panthéisme, puisque, pour lui, les diverses existences ne sont que les différents moyens que prend Vidée pour rentrer en pleine possession d'elle-même : « Les êtres et les événements « multiples qui composent le monde sont « éternellement ramenés à cette unité dont « ils sont sortis. » Les êtres sont donc ramenés, non pas à l'union, mais à Vunité, ou plutôt ils n'en sont jamais sortis, car, s'ils ont été conservés, ça a étéw dans un étatconforoîe « à cette unité ».

« La conception essentielle de l'hégélia- « nisme, dit M. Janet*, c'est de substituer les

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