‹ Les philosophes contemporains IChapitre 165 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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« idées aux choses. » Non, Hegel ne se contente pas de cette substitution qui pourrait rappeler, de fort loin, le système de Platon, il substitue Vidée aux choses. M. Janet croit encore pouvoir rapprocher la théorie allemande de la doctrine des philosophes chrétiens et il cite ce passage de Bossuet qui contient , ditil, « le suc de ce qu'il y a d'excellent dans l'hé- <c gélianisme » :

<c — Si je cherche maintenant où et en quel « sujet ces vérités subsistent éternelles et im- « muables comme elles sont, je suis obligé <c d'avouer un être où la vérité est éternelle- « ment subsistante et où elle est toujours en- « tendue : et cet être doit être la vérité même « et doit être toute vérité; et c'est de lui que « la vérité dérive dans tout ce qui est et ce qui « s'entend en dehors de lui (ibid). »

La doctrine de la présence des vérités éternelles dans la pensée divine et la dérivation des vérités particulières de la source intarissable de toute vérité n'ont rien de commun avec rhégélianisme. Cette doctrine, en effet, reconnaît :

I** Que les vérités éternelles sont dans la pensée de Dieu, car l'intelligence humaine est un édifice trop fragile pour en supporter le poids;

2® Que toute vérité, comme tout ce qui est,

dérive de Dieu, non par identité de substance, mais comme l'effet dérive de la cause. Pour Hegel, au contraire, toute vérité et tout être résident dans l'idée, non comme une vérité réside dans une intelligence, mais comme une substance est identique à elle-même.

On le voit, les paroles de Bossuet ne contiennent rien du panthéisme de Hégel. M. P. Janet s'efforce en vain d'atténuer, pour le rendre acceptable, le système du philosophe allemand. Hégel définit Tidée : « L'identité du « sujet et de Tobjet» et ailleurs il dit: « L'idée, « en tant qu'unité de l'idée objective et de « l'idée subjective, est la notion de l'idée qui « n'a d'autre objet que l'idée, ou, ce qui revient « au même, qui se prend elle-même pour « objet. C'est l'idée qui se pense elle-même*. » Si l'idée est l'identité du sujet et de l'objet, il faut, ou changer la signification des mots, ou reconnaître, dans cette proposition, la formule la plus claire du panthéisme. L'idée (Dieu) est identique à l'objet, et comme tout est l'olyjet de l'idée, il suit nécessairement que l'idée est identique à tout. Si encore Hégel disait que l'idée est identique à elle-même et distincte du reste I Mais l'identité complète et universelle est la pierre fondamentale de son système. Il réunit l'idée objective et l'idée

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