‹ Les philosophes contemporains IChapitre 17 sur 244 · Pages 52 et suiv · texte numérisé non relu

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s PHILOSOPHES

'■'uciible k la sensibilité'. »

■st irréductible à la sensibiin et l'entendement ne sont originales, c'est-à-dire disi'en convaincre, il suffit de actes, dit saint Thomas ".

;ment(comprendre) consiste ^préhension de la vérité, et 1 (raisonner) est le passage Lie à une vérité qui ne l'est la recherche de la vérité, en ance peu à peu, il va d'une ine vérité qu'il ne voit pas que l'on appelle raisonner, vé au terme de ses investilire à la conclusion qu'il ?rend la vérité jusqu'alors s deux actes, raisonner et :èdent de la même faculté, raison est donc à l'intellimouvement est au repos, ire marche à la conquête de L seconde se repose dans sa mouvement et le repos ne

le, promiÈre partie, q. 'i9, art. 8. — :ndement sont la même faculté, car signifie que l'acte de l'entendement art. 10.

doivent pas se rapporter à deux causes distinctes, car la force qui nous fait marcher est aussi celle qui nous fait arriver.

Pour accentuer encore la ligne de démarcation qui, d'après lui, sépare Tentendement de la raison, M. Vacherot en appelle à Tabstraction. Son interlocuteur lui propose la doctrine, vraie, selon nous : « Il nous « semble , dit-il *, que toute notion (idée c( abstraite) n'est qu'une simple perception « devenue commune par l'élimination de cer- « tains éléments individuels. Ainsi, la repré- « sentation de telle ou telle réalité concrète « est une perception. Mais si, après compa- « raison d'un certain nombre de réalités sem- « blables, vous en retranchez tout ce qui en « fait des objets individuels, il restera ce que « vous appelez la notion, notion de table, de « livre, de pierre, de plante, d'animal, « d'homme, etc. Nous ne voyons là rien de « bien nouveau et nous n'éprouvons pas le « besoin de recourir à une fonction originale « de l'intelligence pour expliquer la notion : <( l'abstraction et la généralisation nous suffi- « sent. Or, abstraire et généraliser, de l'aveu « de toutes les écoles, ne sont pas des tacul- « tés, mais de simples opérations de Tesprit.» M. Vacherot n'accepte pas cette théorie et il

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répond « que cette explication ne tient pas devant l'analyse. » Nous pensons, au contraire, que l'analyse ne nous oblige nullement à recourir à une faculté originale pour expliquer l'abstraction et la généralisation.

En effet, je vois un objet quelconque, un fleuve, par exemple; ses flots sont limpides, ses bords sont boisés, il coule entre deux chaînes de montagnes. J'ai, pour parler le langage de M. Vacherot, la perception de tel fleuve. J'en rencontre un second, un troisième, un quatrième, et je constate qu'ils présentent tous un caractère unique dans des conditions différentes. Le caractère unique, c'est un cours d'eau, coulant entre deux rives; les conditions difl"èrent, c'est-à-dire que les rives de l'un sont boisées, celles de l'autre sont nues, celui-ci s'avance entre des montagnes, celui-là circule dans une plaine, mais, dans ces milieux si divers, le caractère fondamental est toujours le même.

Ne puis-je pas, sans recourir à une autre faculté que celle qui m'a fait connaître le premier fleuve, abstraire les conditions particulières et dire, d'une manière générale : un fleuve est un cours d'eau coulant entre deux rives? Pourquoi faire intervenir une faculté nouvelle? N'est-il pas plus simple et plus raisonnable d'admettre que la faculté qui nous

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fait voir le concret a la puissance de le séparer de ses conditions individuelles et d'en tirer l'abstrait? Si ces deux opérations correspondent à deux facultés, comment l'une rendrat-elle témoignage à l'autre? comment puis-je savoir que la notion correspond à la percep* tiouj c'est-à-dire l'abstrait au concret ? La faculté qui nous fait percevoir le concret est donc la même qui nous permet de former l'abstrait : les opérations sont diverses, mais la faculté est la même.

M. Vacherot aura-t-il la main plus heureuse dans le problème psychologique par excellence : l'origine des idées ?

Deux principaux systèmes sont en présence : celui des idées innées et celui des idées acquises par l'abstraction à l'occasion de la sensation.

Entre ces deux théories irréductibles, M. Vacherot n'a pas voulu prendre résolument son parti, il passe de l'une à l'autre et il est assez difficile de savoir s'il a, sur ce sujet capital, une opinion bien arrêtée.

Il adopte la thèse de Kant sur le concept à priori d'étendue. Les sensations sont innombrables, mais, selon M. Vacherot, « le rôle « de l'esprit est parfaitement simple et unice forme. Il est toujours et partout le même. « Il consiste dans un acte de l'esprit qui se

« répètç invariablement, sous chaque impres- « sion des objets, dans chaque intuition em- « pirique. Cet acte est une synthèse qui abou- <c tit toujours au concept d'étendue. » Cet acte qui aboutit toujours au concept d'étendue est, on vient de le dire, le fait de l'esprit, et, quelques lignes plus bas, l'auteur le met sur le compte de l'imagination : « Ce second « élément, dit-il, est une synthèse de Tima- « gination qui constitue le concept de Téten- « due. »

Il faudrait cependant savoir si ce concept invariable est formé par l'intelligence ou par l'imagination. L'imagination, en effet, est une faculté sensible qui ne peut refléter que tel ou tel objet particulier, et qui, par conséquent, est impuissante à former un concept aussi abstrait et aussi métaphysique que l'étendue. Quoi qu'il en soit, M. Vacherot, fidèle aux inspirations de Kant^ nous offre le concept d'étendue^ comme résultat de l'acte primordial de l'intelligence faisant la synthèse des intuitions empiriques : « Il n'y a, dit Kant, « que deux formes pures de nos intuitions « sensibles, comme principes de la connais- (c sanceà/7nor/, savoir: l'espace et le. temps... c( L'espace est une représentation nécessaire « à priori^ qui sert de fondement à toutes les « intuitions extérieures... Le temps est une

« représentation nécessaire qui sert de fonde- « ment à toutes les intuitions *. »

Ces principes d'idéologie sont-ils solides ? Est-il vrai que l'espace et le temps soient les formes les plus générales des représentations sensibles ? n'y en a-t-il pas une autre plus radicale ? Kant, malgré ses apparences si austères, ne s'est-il pas laissé tromper par son imagination î II admet sans diflBculté « que toutes nos connaissances commencent par l'expérience, » et que les sens « excitent l'activité intellectuelle^ ». Or, voyant que tous les objets de nos connaissances expérimentales se présentent toujours dans la double atmosphère, pour ainsi dire, de l'espace et du temps, il a fait de l'espace et du temps les formes primordiales de Tintelligence. Cest une grave erreur : plus loin et plus haut que l'espace et le temps, il y a une forme plus générale que revêtent tous les concepts et qui constitue 'j'acte primordial de l'intelligence, c'est la notion d'être. C'est ce que démontre admirablement saint Thomas d'Aquin.

Dans la connaissance intellectuelle, dit-iP,

1. Critique de la raison pure : Esthétique transcendautale, section i et ii.

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