‹ Les philosophes contemporains IChapitre 182 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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mentation et la métaphysique n'est qu'à h\ surface, car il suffit, pour les harmoniser, de les laisser dans leur sphère. Nier la valeur et l'importance de la métaphysique sous prétexte qu'elle est réfractaire à la méthode, aux principes et aux procédés de rexpérimentation est aussi illogique que de nier le siècle de Louis XIV ou la bataille de Marengo, parce que ces faits ne se prêtent pas aux nianipulation3 d'un laboratoire. Que chaque science reste à sa place, qu'elle ne soit ni étroite ni exclusive, au pomt de n'admettre d'autre méthode que la sienne, et l'accord se fait naturellement.

C'est la conclusion de M. Caro, qui n'a pas voulu réfuter directement les doctrines maté^ rialistes et qui s'est contenté de leur opposer une fin de non-recevoir ; il Ta fait avec une force de dialecticque qui ne laisse rien à désirer. Ajoutons, pour dissiper un malentendu possible que toute science, si elle est vraie, est expérimentale, car elle a pour but d'étudier l'objet tel qu'il est et non tel qu'on s'im'agine qu'il doit être, et c'est par l'expérience seule qu'elle peut atteindre ce résultat. Les sciences les plus abstraites ont l'expérience pour point de départ, dans ce sens que toutes les spéculations reposent, à l'origine, sur des données expérimentales. La théodicée.

par exemple, est basée sur un fait : l'existence de Dieu, or l'existence de Dieu nous est révolée par un fait d'expérience, l'existence des créatures. La métaphysique est une science abstraite parce qu'elle étudie non Têtre qui est hic et nuncy mais l'être en général et tout ce qui se rapporte à cette notion fondamentale, mais l'idée d'être lui a été fournie par l'expérience.

La classification des sciences en sciences abstraites, d'expérience et d'expérimentation ne serait donc pas absolument exacte si on entendait par là nier le rôle de l'expérience dans les sciences abstraites.

Nous venions de terminer cette rapide esquisse du livre de M. Caro : le Matérialisme et la Science^ quand on a mis sous nos yeux un article que le journal le Temps^consacre à l'illustre académicien à propos de son dernier ouvrage posthume : Mélanges et portraits. — « La manière de M. Caro est bien connue, dit <c l'auteur de l'article; c'est la finesse etlapéné- « tration dans l'analyse des caractères, la lar- « geur et la précision dans l'exposition des sys- « tèmes. Pour les idées qui s'écartent le plus « des siennes, pour les personnages qu'il se « croit obligé de juger le plus sévèrement, « une visible sympathie dès que les uns ont la « moindre originalité et les autres quelque a talent; de la justice, toujours-. »

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