Voir le Temps du 12 décembre
Nous nous garderons bien de reprocher à M. Caro la justice avec laquelle il traite ses adversaires, mais ses visibles sympathies ont parfois le droit de nous surprendre. II consacre son livre : Vidée de Dieu, à la critique des théories de MM. Renan, Taine et Vacherot, et ses sympathies, à l'égard du premier, nous paraissent exagérées.
Il démontre fort bien que le Dieu de M. Renan est tantôt le symbole des nobles instincts de l'âme humaine, quelquefois l'absolu de Hegel se réalisant dans la nature et dans l'humanité, et plus souvent je ne sais quel fantôme errant dans les espaces vides de Tabstracticti*; il relève les contradictions flagrantes de l'auteur de la Vie de Jésus; mais, avant d'entrer dans la discussion, qu'il nous soit permis de nous étonner en entendant JVl. Caro parler de M. Renan avec une sorte d'émotion attendrie, au point qu'il ne craint pas de l'appeler « un vrai charmeur drames ». Il n'émet pas un doute sur la sincérité de ses sentiments religieux et il ajoute que « ce scn- « timent des choses religieuses élève le ton « de ses écrits et suffit pour le mettre hors « de pair-. » Évidemment M. Caro s'est un