Page
M. Caro conteste avec raison cette définition arbitraire à laquelle il oppose la définition vraie en disant : « La substance est une unité « réelle, Têtre lui-même subsistant sous la « mobilité de ses modes, dans l'intermittence « de ses phénomènes, les reliant entre eux « non par une vague et vaine succession, mais <c par la continuité agissante de la forme qui « s'exprime par eux, sans se confondre avec <c eux^ » Il prouve ensuite que la définition de M. Taine est absolument inacceptable, car elle fait des qualités, des abstractions inintelligibles qui deviennent la couleur, le son, le mouvement, etc., sans quelque chose de coloré, de sonore, de mû; ne faut-il pas admettre un substratum à toutes ces qualités? L'argumentation de M. Caro est ici le brillant commentaire de ce principe scolastique : Primum esse, deinde esse taie, et, comme exemple, il l'applique à Tàme dont il prouve la substantialité et la permanence.
M. Taine a essayé sur l'idée de cause lé procédé dissolvant auquel il vient de soumettre la notion de substance, et, comme tout à l'heure, il a inutilement déployé les ressources d'un esprit fertile en expédients. D'après lui, la cause d'un fait n'est que la résultante des éléments qui le composent. Étant donné un