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chien, par exemple, on constate qu il a une tête, des pattes, une queue, etc., ce sont des faits; mais, plus avant, on constate un autre fait qui explique les premiers, c'est que le chien se nourrit. Si, en effet, il ne se nourrissait pas, il cesserait d'être ce qu'il est, donc la nutrition est la cause de l'animal. La règle est partout la même; on remarque, dans tous • les êtres, un fait primordial auquel les autres se rattachent et qui les explique.
M. Caro remarque avec infiniment de raison que l'on confond ici la cause d'un fait avec son essence : « Il vous plaît, dit-il, de « définir la cause un fait d'où Von puisse dé- « duire la nature, les i^apports et les change- « ments des autres. C'est la définition de l'es- (( sence que vous nous donnez là. L'essence (( est, en effet, la propriété fondamentale à lace quelle se subordonnent toutes les proprie'tés <( d'un être. Vous ne négligez qu'une chose qui (( avait son prix, pourtant, c'est de démontrer « l'identité de l'essence et de la cause sur lace quelle vous raisonnez tout le temps, comme « si cette identité était de soi évidente ^ » C'est bien là, en effet, le nœud de la question. Pour que la définition de M. Taine fût vraie, il faudrait démontrer l'identité de la cause et de l'essence.
« Il y a ici, dit encore M. Caro, une confu- « sion de mots et un abus de langage. On « prend le mot cause dans un sens très parti- « culier et très restreint et on l'applique in- « dûment au problème général de causalité. « On dit : la nutrition est la cause de Tani- « mal, car, s'il ne se nourrit pas, il se dissout « et disparaît. » Mais la question n'est pas de savoir dans quelles conditions doit se trouver l'animal pour exister, il s'agît de savoir d'où il vient, car c'est précisément en cela que consiste le problème de la causalité qui n'est même pas effleuré par la manière dont M. Taine le pose. M. Caro le place sur son vrai terrain quand il dit qu'il ne s'agit pas d'un rapport direct entre un fait et un autre, mais d'une <c génération entre une certaine force et « un certain effet distinct de cette force*, » Oui, le problème de la causalité est là. Nous voulons expliquer l'existence d'un être. Suffitil de s'en tenir à sa qualité primordiale ? Non, car on se demande, alors, d'où vient cette qualité. Peut-on recourir à la série? Non, car la série doit commencer par un premier, et ce premier qui, certainement, ne s'est pas fait tout seul, a été fait par un autre. « La dialec- « tique est impérieuse, conclut M. Caro, il « faut la suivre jusqu'au bout; elle traverse