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l'hypothèse devient tout à fait inintelligible, c'est quand on nous apprend que les ondulations inépuisables de cette formule créatrice composent l'immensité de l'univers. M. Caro n'a-t-il pas cent fois raison de s'écrier : « En « vérité, toutes les difficultés que j'ai de con- « cevoir Dieu ne sont rien en comparaison de « ce que M. Taine veut imposer à mon intel- « ligence ^ »

On ne saurait trop insister sur cette observation qui suffirait, à elle seule, pour couper court à la discussion et trancher le différend en faveur de la vieille métaphysique.

Toutes les hypothèses imaginées pour remplacer la notion vraie de Dieu ne soulèvent pas seulement des difficultés insolubles ; elles sont de tout point inacceptables et in^ compréhensibles.

Qu'est-ce que cet axiome qui se prononce par delà l'éther lumineux? Un axiome ne se prononce pas tout seul, il est prononcé ; s'il n'y a pas, au-dessus de l'éther lumineux, une intelligence qui comprend et prononce l'axiome, il n'y a rien. Comment des ondulations inépuisables peuvent-elles sortir de ce rien pour composer l'immensité de l'univers? L'univers

1. Page 184. — Nous passons rapidement sur la théorie de M. Taine, que nous avons discutée ailleurs.

n'est donc que l'ensemble des ondulations d'une formule qui n'est formulée par personne ? Qu'est-ce que ces ondulations de l'axiome? Nous comprenons les ondulations de l'océan, mais nous ne saisissons pas le flux et le reflux de la formule.

On le voit, on a entassé, comme à plaisir, les impossibilités et les propositions incompréhensibles.

M. Taine prétendait un jour que, sur la question de Dieu, il n'était séparé de ses adversaires que par l'épaisseur d'une métaphore. S'il en est ainsi, qu'il laisse donc de côté sa métaphore de l'axiome éternel, il est assez riche pour faire à la raison et à la vérité le sacrifice d'une figure de rhétorique, qu'il mette; à la place de la formule créatrice, Celui qui l'a prononcée, qu'il proclame avec nous l'existence, par delà l'éther lumineux, de l'Etre éternel, infini, infiniment parfait, et ses adversaires seront heureux d'une réconciliation dont ils ne désespèrent pas.

L'auteur de Vidée de Dieu se plaît à rendre hommage à la sincérité de M. Vacherot; il le combat avec la déférence qu'inspire naturellement (( un esprit vigoureux qui, même quand

a il développe Terreur, sert encore la cause « de la vérité * » ; mais la réfutation de la Métaphysique et la Science est, au fond, aussi radicale que ferme et juste.

Vous affirmez sans preuves, dit M. Caro à M. Vacherot; vos affirmations exigent une abdication devant laquelle ma raison se révolte, vous avez une idée fausse des théories que vous prétendez réfuter, et vous prêtez à vos contradicteurs des erreurs qui ne sont imputables qu'à vous. Telle est, dépouillée de la forme courtoise dont il ne se départit jamais, l'argumentation de M. Caro.

On se souvient de la thèse fondamentale de M. Vacherot-: il n'y a de Dieu réel que le cosmos, le Dieu de l'ancienne métaphysique est et ne peut être qu'une abstraction ou une idole.

Il .n'y a d'autre Dieu réel que le cosmos, car, seul, il est nécessaire, absolu, existant par lui-même ; seul, en un mot, il a tous les attributs que Ton accorde à la divinité : « Nulle part, dit M. Caro, M. Vacherot ne « démontre cette proposition si grave, il l'af- « firme sous mille formes variées. C'est « comme le postulat de tout son système. Peut-

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