AVANT-PROPOS
a glané un peu partout, son système n'est qu'un assemblage d'éléments hétérogènes, et son beau talent d'écrivain ne suffit pas pour en faire un édifice solide.
Le portrait si fin et si délicat que M. Taine a esquissé de M. Cousin n'est-il pas d'une scrupuleuse fidélité ? « Le nom de M. Couce sin est légion ; ainsi possédé, l'on comprend « qu'il ait possédé le public. Je n'ai point a rangé ses variations selon les dates : ont- « elles des dates ? Tout se fond et s'harmo- « nise en lui, sous l'étoffe souple et brillante « de l'éloquence continue et du raisonnement « fragile. Qui eût pu le découvrir et le saisir « sous cette multitude de formes dont il « ne désavouait aucune, dont les oppositions « le servaient, qui toutes lui fournissaient un « refuge ? qui eût pu résister au charme î ce qui n'eût été ravi de respirer tant de bou- « quets philosophiques, si bien choisis, si « bien formés, si éclatants, si habilement « présentés par une main si légère, si variés, ce et pourtant variés par des transitions si c< fines, que tout le monde croyait n'en sentir ce qu'un seul*. »
Nous voulons bien respirer les parfums des bouquets philosophiques de M. Cousin, mais, s'il s'y rencontre des épines, nous approche-