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Les Philosophes classiques du XIX* siècle, ch. xii

rons avec une certaine défiance. Si à côté des fleurs toujours embaumées d*un style ravissant, il y a les grosses épines de Hegel ; malgré Thabilité de la main qui a composé le bouquet, nous dirons que Téclectisme a eu le sort des fleurs et qu'il a passé comme elles. Aujourd'hui, en efifet, il n'est qu'un souvenir, et les philosophes n'ont plus de maître» Les uns vont encore chercher leurs inspirations de l'autre côté du Rhin, ceux-ci suivent et même dépassent Condillac, il en est qui se rattachent au cartésianisme , quelques-uns remontent jusqu'au xni® siècle et relèvent le drapeau un moment abaissé de saint Thomas' d'Aquin.

Saint Thomas, Descartes, Condillac, Hegel, tels sont, d'après nous, les centres autour desquels gravite la philosophie contempo^ raine.

Nous avons nommé Hegel. On lira, dans notre étude sur Schopenhauer, ses jugements sur la philosophie allemande en général, et sur Hegel en particulier. Si un philosophe français se permettait de semblables appréciations, on ne manquerait pas de l'accuser de s'être laissé influencer par des souvenirs, infiniment respectables sans doute, mais qui ne doivent pas intervenir dans la lutte pacificjue des systèmes. Mais ce n'est pas uyi

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AVANT-PROPOS. Vil

vaincu, c'est l'ancien étudiant de Gœttingue, Vex-privat docent de Berlin qui a secoué ridole et qui en a fait Justice.

L'étoile de Hegel a pâli ; la gloire posthume de Schopenhauer passera comme un météore et Téiude de la philosophie allemande ne sera pour nous que le sujet de méditations attristées. La raison, le bon sens, l'expérience objective sont des maîtres dont on ne méprise pas impunément les leçons. Ils se vengent du dédain avec lequel on les traite, en livrant les révoltés à la pitié de ceux qui veulent conserver et défendre les vérités primordiales qui sont le patrimoine intellectuel de notre race.

« Si le philosophe doit étudier les questions en elles-mêmes et ne s'élever à la solution que par un lent et laborieux enfantement, si, évitant de parler aux passions, ne cherchant pas le succès, ne songeant ni à plaire ni à déplaire, il n'a d'autre ambition que de se satisfaire soi-même (au risque de ne pas satisfaire tout le monde), si ce sont là les rares qualités du métaphysicien, on ne saurait contester ce titre à un philosophe dont nous ne partageons pas toutes les doctrines, riiais qui mérite plus qu'aucun autre le respect et l'examen, M. Vacherot 2, »

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