‹ Les philosophes contemporains IChapitre 203 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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« par Schelling, qui alla plus loin encore ; elle « fut enfin poussée à l'extrême par Hegel dont « la profondeur apparente n'est qu'un abîme « d'absurdités ^ » Voilà donc, d'après Schopenhauer, la glorieuse genèse de la philosophie allemande. D'abord Fichte se trompe dans l'interprétation d'une pensée de Kant, et cela suffit pour le conduire tout droit à des billevesées invraisemblables que, du reste, la niaiserie du public prenait pour des démonstrations. Comme point de départ, c'est déjà joli, mais ce n'est encore rien ; Schelling va plus loin que Fichte, et enfin Hegel les surpasse et renchérit sur le fôut.Que doit donc être Hegel qui a trouvé le moyen d'aller plus loin que Fichte et que Schelling ? Schopenhauer le définit : « un philosophe rebutant sur le bavardage « creux duquel plane un ennui nauséabond% » Il semble que la mesure soit comble, et cependant la verve de Schopenhauer n'est pas épuisée : « L'obscurité que Kant mit parfois « en son exposition fut surtout fâcheuse par (( le mauvais exemple qu'elle donna; les imi- « tateurs imitèrent le défaut du modèle et ils « firent un usage déplorable de ce dangereux (( précédent. Kant avait forcé le public à se

1. Le Monde comme volonté et comme représentation, tome II, page 27.

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