V Méditation
pour lever ensuite les yeux vers le ciel et dire :
Qu'est-ce donc que ce monde et qu'y venons-nous faire, Si, pour qu'on vive en paix, il faut voiler les cieux ^ '.
il donne ce qu'on attend d'un poète ; mais on exige autre chose d'un homme qui se prétend philosophe. Ici, il ne s'agit pas de se lamenter et de gémir, il faut enseigner, il faut indiquer le chemin du vrai; un philosophe ne fait que grimacer quand il prend la lyre du poète, surtout si sa lourde main en a cassé toutes les cordes; c'est le cas de Schopenhauer. Si encore il s'était proposé d'étudier le problème de la souffrance, d'en rechercher les causes et le remède, soit, mais non, tout se réduit à la proposition énoncée tout à l'heure : la vie a deux parts, la souffrance et l'ennui.
Nous y reviendrons quand nous traiterons de la négation de la volonté; pour le moment, nous en sommes encore à V affirmation.
La volonté s'affirme, c'est-à-dire, dans le langage de Schopenhauer, l'homm^e a naturellement le désir de vivre.
Les trois degrés de l'affirmation sont : la