LA VOLONTÉ SE NIE
Schopenhauer va enfin couronner l'édifice qu'il a élevé à la gloire de la philosophie, il va nous révéler la conclusion suprême de ses profondes méditations : c'est, personne ne rignore, la résurrection du bouddhisme.
Le bouddhisme a, paraît-il, de nombreux sectateurs en Allemagne et, à ce propos, voici ce que raconte M. Foucher de Careil : « Un <c spirituel et fin diplomate, à qui j'exprimais « mon étonnement de retrouver l'Inde à Ber- « lin, me disait : Grattez un Allemand, vous « verrez reparaître l'antique sectateur de « Bouddha. Ils croient sincèrement à la doc- « irine des migrations et des existences anté- « rieures, et comme un commun berceau pa- « raît avoir contenu les Allemands des bords « du Gange et les Hindous des bords de la
a Sprée... Il faudrait bien peu connaître cette « race qui pousse tout à l'exagération la plus « notoire , qui creuse la pensée jusqu'au « néant, qu'aucun scrupule ne retient, que « ï absurde n épouvante plus, pour ne pas « comprendre quelle infatuation d'eux-mê- « mes et de leurs frères en panthéisme, les « Hindous, s'est emparée d'eux ; ils voient « dans l'alliance de Kant et de Bouddha le « germe du progrès du monde. C'est une ce constitution du cerveau déplorable, mais « c'est ainsi*. »
En sa qualité de bouddhiste enthousiaste, Schopenhauer considérait comme son ennemi personnel, M. Barthélémy Saint-Hilaire, qui dans son savant ouvrage : le Bouddha et sa religion, a donné au bouddhisme des coups dont il aura du mal à se relever. Les Allemands, qui nous ont déjà donné Hegel, vont-ils transporter en France quelque petit Bouddha dans les bagages de Schopenhauer? Nous croyons que la tentative ne réussira pas, cependant, en face de quelques symptômes encore assez vagues, il est vrai, il n'est peut-être pas inutile de jeter un coup d'œil rapide sur la métaphysique de Çakyamouni -.