‹ Les philosophes contemporains IChapitre 24 sur 244 · Jn primo Topicorum · texte numérisé non relu

Jn primo Topicorum

ch, I. — Physicorum, l. VIII. Saint Thomas d'Aquin l'admet sans difficulté : Aristoteles posuit mutidum semper fuisse*. La création est un mystère et, sans la révélation, l'intelligence la plus forte n'a. pu s'élever jusque-là. Mais il est inexact de dire qu'Aristote ne conçoit pas Dieu comme principe moteur et qu'il se passe de son intervention pour expliquer le mouvement des êtres sensibles. Il prouve, au contraire (Xll, Mctaphj'sicorum), la nécessité d'un moteur immobile, éternel, principe premier, auquel il accorde tous les attributs de la divinité. L'ordre qui règne dans la nature est, pour Aristote, une preuve de l'existence de Dieu, « enlia, dit-îl, nolunl maie gubernari, » mais elle n'est pas la seule, et saint Thomas, en commentant ces paroles, conclut, avec Aristote, que le monde a un maître, qui est premier moteur, intelligence première et bien suprême.

La philosophie d'Aristote n'est pas parfaite, et cependant nous nous associons volontiers aux éloges que lui décerne M. Vacherot : « C'est le chef-d'œuvre de la pensée antique, « peut-être de la pensée humaine, pour la « précision, la clarté, la profondeur, l'en- « chaînement. Mais ce chef-d'œuvre est « incomplet... Cette philosophie, incompa- 1. Qu<:Estiones de Polenliâ, n. 3", a. )7.

« rable comme science, est insuffisante comme « métaphysique K » Nous ne demandons pas mieux que de voir compléter la philosophie d'Aristote, mais le mo3^en dont se sert M. Vacherot pour en comblerles lacunes nous paraît au moins étrange. Il voudrait, en effet, qu'Aristote, pour être complet, fût panthéiste. « Le sens de Tinfini, de l'universel, lui « manque entièrement, dit-il. Tout y est « conçu (dans cette philosophie), représenté « individuellement ; le monde n'est qu'un « système d'individus ; le principe du monde « n'est qu'un individu. Or, la raison conçoit « ce principe avant tout comme l'Être uni- « versel. Que cette universalité puisse ou ne « puisse pas se concilier avec l'individualité « et la personnalité, c'est une difficulté à « résoudre ultérieurement. Toujours est-il « que nier l'universalité du principe suprême, « c'est nier son infinité, c'esl-à-dire son a essence même. La raison veut qu'il com- « prenne tout, que tout tienne de lui et (c conserve en lui non seulement la fin et le « mouvement, mais encore la substance de « son être. »

On ne peut donc, selon M. Vacherot, concevoir l'Etre mfini qu'en admettant son identité substantielle avec tout ce qui est. S'il en

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