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à flotter indécis, et que le scepticisme est la seule solution logique. M. Ribot ajoute qu'on ne peut demander à une doctrine que deux choses; est-elle d'accord avec elle-même ? est-elle d'accord avec les faits ? Il est une troisième question qu'on est en droit de lui poser : quelle est la valeur des principes sur lesquels elle s'appuie î Or un principe qui sert de base à une doctrine n'a de valeur que s'il est évident en lui-même et pour nous, ou que s'il est entouré d'une démonstration devant laquelle on est obligé de s'incliner. Sans cela, un système a beau être d'accord avec lui-même, si ces principes sont ou faux, ou contestables, ou sans preuves, le système tout entier ne sera^ en effet, qu'un tournoi, c'est-à-dire qu'un jeu pour amuser la galerie.
Le principe fondamental de Schopenhauer.
l'identité absolue de toutes choses dans la volonté est-il évident en lui-même ? Est-il évident que mon corps est ma volonté, et que ma volonté est mon corps, que ma volonté est identique avec la force qui fait cristalliser le minéral, germer la plante, vivre l'animal et graviter les planètes ? Pour faire accepter cette énormité (et bien d'autres) il faut des preuves, or, Schopenhauer déclare lui-même qu'il n'en a pas une seule à donner: tout son système n'est donc qu'une élucubra-
tion malsaine et sans portée.
Pour nous, en terminant cette étude, nous nous souvenons d'Un mot de M. de Maistre à propos de Lock^. Il dit que Locke n'était pas digne de tailler la plume de Malebranche. Cette appréciation est injuste, car, malgré les profondes et si regrettables lacunes de sa philosophie, Locke est un homme de valeur, et le grand Leibnitz n'a pas cru s'abaisser en composant contre luises Nouveaux Essais sur V entendement. Mais, en songeant aux écrivains dont nous avons, ici même, discuté les doctrines, nous pouvons sans injustice appliquer à Schopenhauer le mot de M. de Maistre, car certainement il n'est pas digne de tailler leur plume. Mais pourquoi rappeler une parole de l'auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg ? Schopenhauer, en jugeant Dugald-Stewart , nous donne lui-même une formule qui rend bien mieux notre pensée : « Je ne puis que « conseiller à mes lecteurs, dit-il, de ne pas « perdre leur temps aux écrivasseries d'un « aussi pauvre cerveau *. » C'est absolument ce que nous pensons de lui.
M. F. Brunetière dit^ que ce qui lui plaît tout d'abord dans la philosophie de Schopenhauer, c'est son caractère expérimental. Nous