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elles ne sont que l'intelligence de Dieu, ou plutôt que Tessence même de Dieu, en tant qu'elle est le type suprême de tout ce qui est*. Puisque M. Vacherot n'a jamais su ce que la métaphysique voulait dire quand elle réalise les idées en Dieu, saintThomas d'Aquin va nous l'apprendre 2.
Tout être intelligent n'agit qu'autant qu'il a en lui la raison de son acte; sans cela, il agirait sans savoir ce qu'il fait; or, Dieu est intelligent, on ne peut pas supposer qu'il agisse d'une manière aveugle; il a donc en lui la raison de ses œuvres, et c'est précisément ce qu'on appelle l'idée. En outre, la cause universelle ne produit pas un effet particulier si elle n'y est pas déterminée; or, Dieu> cause universelle, est, par cela même, cause des effets particuliers. Pour les produire, il faut donc qu'il y soit déterminé par quelque chose, c'est-à-dire par la raison qui lui fait exécuter tel effet particulier. Si Dieu, en effet, n'avait pas en lui le type d'après lequel il a produit l'homme, par exemple, il est clair qu'il ne l'aurait jamais fait. De même qu'un artiste doit avoir en lui la raison, le modèle de son œuvre, de même Dieu doit
l. Voir Topusciilo du P. Van den Berg : de Ideis divinis»
1, De Veritate, q. III, a. t.
osséder le type d'après lequel ;s choses- Ces idées ne sont ine elle-même considérée en itures peuvent, de très loin, : entrer en participation affaî- -unes de ses perfeaions.
ent un rôle capital dans les ;iennes, elles sont l'unique ver à la science. Platon, nous )osait que la fecience ne peut ins les choses matérielles, il de chercher un autre moyen, lir trouvé en imaginant son dées. I! avait remarqué que onnaissance humaine offre : l'universalité, l'immatériaité; or, ajoutait-il, les êtres ésentent aucun de ces trois : ils sont particuliers, sensiits, ils ne peuvent donc pas la source de la connaissance.
lercher ailleurs et trouver un , immatériel et immobile :
ois conditions, c'est donc par lée que s'opère le fait de la
est inutile, dit saint Thomas a puissance abstractîve de jue, Ip., q. S4, a.. 1.
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If. VACHÊROT. 75
rintelligence rend l'objet universel, immatériel et immobile. » Nous ne pensons pas que M. Vacherot rende bien rigoureusement la pensée de Platon en disant : « Il (Platon) « ne regarde un moment la réalité que pour
« dégager l'idée Ce que Platon prend pour
« le monde intelligible, c'est, dans la langue « de l'analyse et de la psychologie, tout sim- « plement l'ensemble des notions de l'enten- « dément ^ » Ce serait l'abstraction; or, Platon ne la croit pas possible avec le seul travail de l'intelligence sur les données sensibles.
La meilleure page du second volume de la Métaphysique et la Science est peut-être celle qui contient l'exposition de la philosophie cartésienne 2. L'auteur y présente les principes cartésiens avec beaucoup d'art et il en fait une critique fort juste. Mais il ne s'est pas mis en garde contre les anathèmes que tous les philosophes contemporains se croient obligés de lancer contre la scolastique. Pour expliquer le succès des doctrines cartésiennes : « Ce fut, dit-il, le Jiat lux du monde de la pensée au sortir des ténèbres de la scolastique ^. »
2. Sauf, bien entendu, les regrettables confusions sur rinfini et le parfait.