‹ Les philosophes contemporains IChapitre 29 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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On n'y manque jamais. II est entendu que, durant toute la période scolastique, une profonde nuit a couvert la pensée philosophique ; c'était rheure des ténèbres où la philosophie se débattait dans le vide, parlait un langage inintelligible, se hérissait de formules creuses qu'elle prenait pour le dernier mot de la science et se courbait ijmpuissante sous le double jougd'Aristote et de l'intolérance religieuse. Il n'y a donc pas à se préoccuper beaucoup de la philosophie scolastique qui « n'est ni assez libre, ni assez originale pour engendrer ces œuvres indépendantes, personnelles et fécondes qu'on nomme des systèmes K » Il était temps que le soleil se levât sur cette sombre nuit et que le Jiat lux de Descartes dissipât les nuages amoncelés par l'ignorance et la barbarie du moyen âge.

Tels sont les préjugés de nos contemporains sur là philosophie la plus sûre, la plus forte, la plus grandiose et la plus vraie dont puisse, à juste titre, s'enorgueillir la pensée humaine et qui, avec saint Thomas d'Aquin, s'est élevée à une hauteur d'où elle domine le Discours sur la méthode et la Critique de la raison pure, comme la lumière d'une étoile plane au-dessus des lueurs douteuses d'un flambeau tenu par une main débile.

Mais les préjugés sont vivaces ; on s'en ira peut-être pendant longtemps encore répétant le jiat lux cartésien, jusqu'à ce que l'on prenne la peine d'étudier cette philosophie que l'on condamne avant de l'avoir entendue.

M. Vacherot fait très bien ressortir les côtés faibles de la théodicée cartésienne, mais en la combattant il tombe dans une confusion regrettable au sujet des notions d'infini et de parfait : « Les notions d'infini et de parfait, « dit-il *, appartiennent à des catégories difTé- « rentes, la première à la catégorie de la « quantité, la seconde à la catégorie de laqua- <c lité.On dit une étendue, un nombre fini ou « infini : mais on dit une qualité, une vertu, une « faculté parifaite ou imparfaite. Ces deux note tions sont donc essentiellement distinctes.»

Non, le mot infini ne désigne pas, en métaphysique, une quantité. Lorsque nous disons que Dieu est infini, nous ne prétendons pas soutenir que Dieu est une masse infinie, nous disons simplement qu'il n'a pas de limites. S'il n'a pas de limites, il est donc souverainement parfait, car, s'il ne l'était pas, la perfection qui lui manquerait, constituerait une limite. Les deux notions d'infini et de

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