‹ Les philosophes contemporains IChapitre 37 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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sible s'il s*agit de l'Etre parfait de la théodicée cartésienne. Descartes a pu se tromper dans le choix des preuves de l'existence de Dieu, mais il a eu, de Dieu, une notion Juste, son Dieu est le vrai Dieu, et il suffit, pour s'en convaincre, de lire ses Méditations ; le système de Hegel, au contraire, est l'identité de Dieu et du monde, c'est-à-dire le pur panthéisme.

A quoi bon du reste s'attardera discuter ces rêveries d'intelligences dévoyées, puisque, de l'aveu même de ceux qui les admirent, elles ne reposent sur rien : « La sanction de l'expérience manquant à cette logique, on ne voit plus sur quoi repose la légitimité de ses affirmations, » dit M.Vacherot^ Nous sommes absolument de cet avis ; le système de Hegel n'a pour base, que l'audacieuse témérité d'un philosophe qui croit sans doute que l'absurdité de ses affirmations le dispense de donner des preuves et que l'obscurité dont il les entoure passera pour de la profondeur 2.

Si la philosophie de Hegel n'est qu'un amas de propositions incohérentes et de divagations d'esprit malade, que sera sa théologie? Voici,

2. On sait que Hegel disait qu'un seul de ses disciples l'avait compris, et encore pas complètement.

selon M. Vacherot, le mystère de la Trinité expliqué par Hegel :

(c L'idée se posant, s'opposant, s'unissant à soi dans sa réalité objective, l'idée en soi, de soi et pour soi,, qu'est-ce autre chose que le mystère de la Trinité? Dieu est l'être général, la pensée pure, substance de toute chose, le Père. Mais cette généralité abstraite se particularise, se représente dans un autre, devient pluralité d'idées, c'est le Fils, le Verbe, le type des idées. Puis Dieu revient à lui-même et, dans ce retour, il est Esprit ou personnalité absolue ^ »

Cette explication bizarre de la Trinité n'est pas de nature à éclairer le mystère. L'idée se posant, c'est, dans le langage de Hegel, l'idée existant en soi, mais alors pourquoi s'oppose^ t-elle ? S'opposer étant le contraire de se poser, en s'opposant elle se détruit. Avec un tout autre philosophe, la difficulté serait sérieuse, mais ici elle n'est qu'une application du principe hégélien : l'être est la même chose que le non être. Après s'être opposée, l'idée s'unit à elle-même.

C'est assez dur à accepter, car enfin on ne s'unit pas à soi, on s'unit à un autre. Ceci n'est encore rien, en comparaison de ce qu'on est obligé d'entendre, quand le philosophe çn-

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