‹ Les philosophes contemporains IChapitre 38 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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tre dans le détail des trois personnes. Le Père est à la fois la pensée pure, la substance de toute chose d'une généralité abstraite. Comment une pensée pure peut-elle être le pain que je mange et la maison que j'habite ? Quand le laboureur cultive son champ, il foule aux pieds cette généralité abstraite qui s'appelle Dieu le Père et il marche sur une abstraction ! Cette substance de toute chose, en se particularisant, devient le Fils. Mais une substance universelle ne peut pas se particulariser, c'està-dire se restreindre, ou, si elle se restreint, elle n*est plus elle-même, d'où il suit que le Père, pour engendrer le Fils, doit cesser d'être ce qu'il était. Il n'est rien, en effet, pas plus du reste que le Fils, car ce n'est que dans l'Esprit, que Dieu devient personnalité, et voilà le mystère de la Trinité selon Hegel !

L'entretien, qui a pour titre : Théologie, est le plus important de tout l'ouvrage : la Métaphysique et .la Science. C'est là que M. Vacherot expose en détail ses opinions personnelles sur le plus grave problème de la

métaphysique : Qu'est-ce que Dieu? La thèse de l'auteur est fort claire et elle peut se résumer dans cette phrase qui revient à tout moment, sous toutes les formes : « L'Etre infini, « universel, ne devient parfait, immuable, suce périeur au temps et à l'espace, qu'en pas- « sant à l'état d'idéal. 11 est Dieu, alors, mais « il ne prend la divinité qu'en perdant toute « réalité^. » C'est bien là le fond même de la thèse, et la suite de cette discussion va nous prouver qu'on ne la falsifie pas en la formulant : Il y a un Dieu, mais ce Dieu n'est rien,

M. Vacherot veut nous donner d'abord une idée de la métaphysique : « Pour bien com- « prendre ce que c'est que la métaphysique, « dit-il-, il convient de remonter à la définice tion de la science elle-même. Considérée « quant à son étendue, la science est la con- « naissance de la vérité, telle que nous la « révèlent les diverses facultés de l'esprit « humain, appliquées chacune selon son apti- « tude propre. Si elle dépasse la portée de « ces facultés, elle devient fausse. » Cette dé • finition et cette division de la science ne sont pas assez précises, car, si toute science est connaissance, toute connaissance n'est pas

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