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2. Rappelons ici la distinction entre la perfection simplù citer et la perfection secundum quid. — Les premières sont en Dieu formaliter, les secondes virtualiter.
Nous lui donnons à un degré infini les qualités des créatures, et par conséquent nous en retranchons toutes les imperfections. On nous objecte qu'il est des qualités qui se contredisent et qu'ainsi nous introduisons, en Dieu, des attributs incohérents. Qu'on nous désigne deux perfections vraies et contradictoires ? qu'est-ce en effet qu'une perfection ? C'est un degré d'être. Tout ce qui existe, par cela seul qu'il existe, a une perfection, et il y a, dans l'échelle des perfections, la même proportion qu'entre les degrés de l'être. La molécule est ^ On ne dira pas que c'est, pour elle, une imperfection. Cest une imperfection, si on la compare à un être supérieur, mais, si on ne la considère que comme molécule, c'est incontestablement une perfection. Est-ce la perfection suprême? Il y a loin. Nous trouvons en effet, au-dessus de la molécule, la vie avec toutes ses manifestations. La vie s'élève à mesure que l'être monte, et, au sommet, nous rencontrons la vie à son plus haut degré, dans l'homme. Pouvons-nous nous arrêter là ?
L'homme a-t-il toute l'existence et toute la vie ? Non. Il y a au-dessus de l'homme une existence et une vie plus complètes que la sienne. Que cette existence soit Dieu, nous ne
1. Esse ne se dit pas de Dieu et des créatures univoce mais seulement analogice*
nous en occupons pas pour le moment, nous voulons prouver seulement qu'il n'y a aucune contradiction métaphysique entre les diverses perfections des créatures. Or, nous venons de le voir, elles reposent toutes sur l'être et on les mesure d'après le degré d'être. Or l'être n'est certainement pas contradictoire à l'être, ce ne sont pas deux notions incohérentes. Mais, nous dit-on, vous ne pouvez pas attribuer à Dieu l'être de la molécule, de la plante, de l'homme. Pourquoi pas, sauf les imperfections ? Si Dieu, d'après notre définition, est l'Etre parfait, on doit écarter . de lui toute imperfection. Je puis donc dire que Dieu a l'être de la molécule, de la plante et de l'homme, sans en avoir les imperfections. Or c'est une imperfection relative que de n'avoir qu'une existence matérielle, qu'une vie végétative, que d'être condamné, comme l'homme, à n'arriver au vrai que par la voie du raisonnement, je retranche donc de l'idée de Dieu toutes ces imperfections, je lui attribue, à un degré infini, les perfections des créatures et je le définis la perfection absolue ou, en d'autres termes, l'Être parfait. C'est ainsi que j'évite le double écueil signalé par M. Vacherot de donner à Dieu des attributs incohérents ou de n'en faire qu'un type incomplet *.