‹ Les philosophes contemporains IChapitre 46 sur 244 · Somme théologique j I** p. q. iv, a · texte numérisé non relu

Somme théologique j I** p. q. iv, a

On a pensé que les théologiens esquivaient la difficulté au prix de contradictions flagrantes; que, pour les uns. Dieu est Tarchétype; pour les autres, Tamour ; pour ceux-ci, l'intelligence pure, etc., (page 227). Ces contradictions ne sont même pas à la surface. Quand un théologien dit que Dieu est le Tout-Puissant, qu'un autre l'appelle la Sagesse suprême, que celui-ci l'adore sous le nom d'Etre parfait, ces dénominations dififérentes indiquent seulement les aspects divers sous lesquels l'intelligence humaine considère l'immensité de l'essence divine. Quand je dis le Tout-Puissant^ je n'ai nullement l'intention d'exclure, de Tidéedivine, la Sagesse, la Providence et les autres attributs. L'esprit de l'homme ne peut pas supporter le poids de la Majesté divine, et de même que les objets divisent la lumière pour en diminuer l'éclat, de même l'intelligence, quand elle médite les grandeurs de Dieu, étudie un attribut en particulier, sans exclure les autres, car ils ne sont tous, au fond, qu'une seule et même chose : l'essence divine.

M. Vacherot n'a pas une idée très juste de la manière dont les théologiens attribuent à Dieu la perfection suprême : « L'idée de Dieu « est une couronne dont les fleurons sont les « types divers de la vie universelle. Si un seul

« fait défaut, la couronne est détruite et Dieu « a disparu. Or comment réunir tous ces « fleurons épars eh nombre infini î Comment « recueillir tous les rayons de la divinité en « une seule image adéquate à la nature même « de Dieu? Cela est impossible ^ »

Il serait impossible, en effet, de réunir tous les types de la vie universelle et d'en faire une couronne qu'on déposerait sur le front de la divinité, si notre Dieu n'existait qu'à la condition de n'être qu'un assemblage de perfections disparates et qui s'évanouirait avec une seule de ces perfections qu'on aurait eu le malheur d'oublier. Mais ce n'est pas ainsi, on l'a vu, que nous tressons la couronne de notre Dieu.

// est^ voilà le fleuron qui contient tous les autres ;

Il esty voilà le foyer d'où s'échappent tous les rayons ;

// est y voilà non seulement l'image, mais la réalité adéquate à la nature de Dieu, qui s'est défini lui-même : Ego sum qui sunty et qui ajoutait, en s'adressant à Moïse : Tu diras aux enfants d'Israël : Celui gui Est m'a en-'voyé vers vous ~. Voilà comment les théologiens considèrent les types de la vie univer-

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