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peut-être, elle n'est pas aussi lourde qu'on le suppose.
On conteste, d'abord, que T immutabilité soit compatible avec l'existence, la vie, la réalité : ce Cet être souverainement parfait, « simple, idéal pour nous, réalité pour les « théologiens, qui fait l'objet propre de la <c théologie^ est nécessairement immuable « dans sa perfection. Changement et perfec- (c tion sont deux termes qui s'excluent ; tous « les théologiens s'accordent à le reconnaître. « Mais alors, comment concevoir l'existence, « la vie, la réalité d'un être immuable ? Que a l'être parfait ne soit pas soumis à la loi du « progrès, cela ressort de la définition même, « et peut d'ailleurs se comprendre à la « rigueur. Mais que son existence, sa réalité, « sa vie, son activité ne se produisent, ne se « trahissent par aucun changement, aucun « développement ; que tout cela reste sans (( rapport, sinon avec l'espace, du moins avec « le temps, voilà ce que le génie des plus « grands docteurs n'a jamais pu faire com- <c prendre. Je sais bien que les mots ne man- « quent pas pour nous répondre ; mais sous <c les mots, il faut les idées. Quand on nous <c aura dit, avec celui-ci, que l'existence divine « a cela de propre qu'elle n'a pas de durée (( successive, avec celui-là que la vie divine
« est un acte simple, indivisible, nous n'en « serons pas plus avancés. Ce ne sont pas « même des mystères impénétrables pour « notre intelligence ; ce sont des mots vides « de sens^ »
L'arrêt est sévère. On pardonne aux théologiens d'évoquer un mystère impénétrable, mais les accuser de répondre à des difficultés par des mots vides de sens, c'est avoir une faible idée de leur valeur ou de leur bonne foi. Un homme qui se contente de mots, ne va pas bien loin dans les spéculations métaphysiques, ou, s'il est convaincu de la nullité de sa réponse, il serait plus sincère en avouant que l'objection est insoluble. L'est-elle réellement? Les théologiens n'y répondent-ils que par des mots qui ne signifient rien? Nous ne le pensons pas.
On ne peut pas, dit-on, concevoir l'existence, la réalité, la vie d'un être immuable, parce que sa réalité, sa vie, soif activité ne se traduisent par aucun changement, par aucun développement. Notre contradicteur oublie qu'il accepte avec nous que Dieu est l'Etre parfait. S'il est parfait, pourquoi et comment changerait-il ? Que pourrait-il acquérir en se développant? Les termes, Etre parfait et changement et développement sont contradictoires,