L'Ancien Régime, 1. IV, ch. i
2. M. l'abbé de Broglie ; le Positivisme et la Science expérimentale, tome II, 2» partie, 1. III, ch, iv, S 3.
L'influence de Condillac se fait sentir dès la première page de l'ouvrage de M. Taine : « Je « n'ai traité que des connaissances, dit-iP, « et si je me suis occupé des facultés, c'est a pour montrer qu'en soi, et à titre d'entités « distinctes, elles ne sont pas. »
C'est exactement la thèse de Condillac. Pour ce dernier, en effet, non seulement l'idée, mais la faculté elle-même, n'est que la sensation transformée. La sensation n'est pas la condition de l'idée, elle est l'idée, et la faculté, à son tour, n'est qu'une nouvelle transformation de la sensation ; d'où il suit que la faculté n'existe pas comme entité distincte de la sensation 2. M. Taine, acceptant ces données, et disant : « Tout ce qui, dans l'esprit, dépasse « la sensation brute, se ramène à des images, <( c'est-à-dire à des répétitions spontanées de « la sensation 3, » va être condamné^ on le verra, à cette contradiction, qui est la clef de voûte du système de Condillac. Il n'y a que des sensations ; expliquons cependant certains phénomènes intellectuels comme s'il y avait autre chose. Tout est là en effet. Les phénomènes intellectuels sont composés, ils n'ont