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172 LES PHILOSOPHES COl^TEMPORAINS.

lisme, proclame cependant la distinction de l'âme et du corps et réfute victorieusement rhypothèse de Locke sur la possibilité de penser accordée à la matière K

Il y a donc une âme, elle est unie au corps, quel est le mode de leur union ?

Nous écartons d'abord les théories de Leibnitz et de Malebranche par la seule raison qu'elles nient un fait au lieu de l'expliquer. Dans ces systèmes, l'âme et le corps sont juxtaposés, ils ne sont pas unis. Nous en disons autant des doctrines de Platon et de Descartes, et en général, de toutes les solutions spiritualistes qui, dans la crainte de matérialiser l'âme et de la confondre avec le corps, l'en séparent au point que leur union est accidentelle et fort problématique.

L'âme et le corps sont unis de telle sorte que, de leur union, il résulte un tout qui est le moi ou la personnalité humaine. L'homme n'est ni une âme ni un corps séparés, il est i'un et l'autre dans l'unité de la personne. La personne, comme tout être du reste, est douée

l . Essai sur l'origine des connaissances humaines^ ch. !•', §g 6 et 7. — Locke ne dit pas que la matière pense, il se demande seulement si Dieu, en vertu de sa toute-puissance, ne pourrait pas lui accorder la pensée; il n'y voit pas d'impossibilité. Condillac démontre très bien qu'il y a contradiction dans les termes.

d'activité, or, le principe premier de l'activité d'un être, nous rappelons la forme \ Que le mot ne vous effraye pas ; laissons-le de côté pour un moment, si vous voulez, et ne prenons que la chose. Un être agit, il a donc en lui le principe de son action, sans cela, il demeurerait inerte ; il faut donner un nom à ce principe d'activité, appelez-le force si vous aimez mieux, nous, nous l'appellerons forme ; c'est une affaire d'habitude. Toujours est-il qu'il faut attribuer l'action d'un être au principe d'où elle découle : s'il s'agit, non d'une action secondaire et accessoire, mais d'une action fondamentale et primordiale, il faudra remonter jusqu'au principe premier de l'activité ; c'est précisément ce principe premier que nous appelons la forme. Or l'homme vit, il se meut, il se nourrit, il sent, il pense : par quoi vit-il, se meut-il, se nourrit-il î par quoi sent-il et pense-t-il ? C'est par l'âme dont nous avons démontré tout à l'heure la nécessité. L'âme est donc le principe premier de l'activité humaine, c'est-à-dire qu'elle est la forme de ce composé qui est l'homme. Nous disons de ce composé. Dans l'homme, en effet, outre l'âme, il y a le corps, outre la forme, il y a la matière. Les deux éléments sont donc unis comme la forme est unie à la matière.

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