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compare ' le moi divisé en sensations, images, idées, résolutions, etc., à une planche sur laquelle on aurait tracé à la craie des triangles, des losanges, des carrés. La planche n'est pas seulement la série de ces figures ajoutées bout à bout, elle « reste une et continue ». C'est précisément ce que nous disons : outre les figures, il y a la planche qui est une entité réelle, outre les événements, il y a le moi qui en est le sujet. De cette façon, dit M. Taine, le moi demeure un et continu.
Pour affirmer l'unité et la continuité du moi, il faut accepter la comparaison jusqu'au bout; or, après avoir dit que la planche est une et continue, on ajoute que, si on enlève les figures qu'on y a tracées, elle n'est plus rien. Elle n'est, par conséquent, une et continue ni en elle-même, puisque, les figures ôtées, elle n'est plus rien, ni en vertu des figures, puisque le triangle n'est pas le carré, ni le carré le losange. II ne reste donc que les figures; mais si le moi de la planche (qu'on nous passe cette expression) n'est rien, sur quoi sont tracées les figures et comment peut-on affirmer la continuité et Tunité d'un sujet composé de figures différentes? 11 ne reste donc pas la moindre trace de l'unité et de la continuité du moi.