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M. TAINÈ. 201

rîeure une hallucination vraie, c'est donc détourner un mot de son acception ordinaire et donner à entendre que, dans le phénomène de la perception, la présence de l'objet, soit en lui-même, soit par son souvenir, est accessoire, car l'halluciné tire de son propre fonds la présence de Tobjet vraie pour lui, chimérique en réalité. Or la présence de l'objet soit hic et nunCy soit par le souvenir, n'est pas accessoire, elle est nécessaire, car, nous ne pouvons avoir les images que des objets qui sont ou qui ont été présents. Quand nous formons les images des objets que nous ne connaissons pas, nous en prenons les éléments dans les objets déjà connus.

La perception s'opère par la présence de l'image de l'objet dans le sujet. Les philosophes soulèvent ici une discussion célèbre que nous allons résumer en peu de mots. Les uns disent que nous percevons d'abord l'image et Tobjet ensuite, les autres soutiennent que l'objet est le premier connu. Avec saint Thomas d'Aquin nous acceptons la seconde opinion ^

D'après les partisans du premier système, l'intelligence perçoit d'abord et avant tout ses modifications subjectives, d'où il suit que l'image est connue avant Tobjet qu'elle repré-

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