‹ Les philosophes contemporains IChapitre 96 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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<c pour Pierre et pour Paul. Si à certains « égards, eux et moi, nous avons changé, à <c d'autres égards, eux et moi, nous n'avons « pas changé, et je conçois en eux comme en « moi quelque chose qui est resté fixe. »

M. Taine ne demeure pas longtemps fidèle à cette idée féconde et vraie de la fixité et de la permanence , éléments premiers de la notion du moi ; il l'abandonne au contraire pour retomber dans la thèse d'un moi inconstant et mobile. « En fait d'éléments réels et « de matériaux positifs, dit-iP, je ne trouve « donc pour constituer mon être, que mes « événements et mes états, futurs, présents, « passés, ce qu'il y a d'effectif en moi, c'est « leur série ou leur trame. Je suis donc une (c série d'événements et d'états successifs, <c sensations, images, idées, perceptions, sou- « venirs, prévisions, émotions, désirs, voli- « tions, liés entre eux, provoqués par certains « changements de mon corps et des autres « corps, et provoquant certains changements (c de mon corps et des autres corps. » Ce sont donc les événements qui constituent le moi, et dès lors celui-ci doit suivre toutes les fluctuations de ceux-là. Nous avons signalé le vice de cette conception qui est le principal objet de ce chapitre premier du livre troisème,

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