‹ Les philosophes contemporains IChapitre 97 sur 244 · Pa^fe · texte numérisé non relu

Pa^fe

Mais en outre, M. Taine y glisse en passant quelques inexactitudes ; qu'on nous permette d'en relever une entre autres.

Il identifie les deux facultés fondamentales: l'intelligence et la volonté : « Toute idée, « conception, représentation, dit-iP, a une « double face. D'un côté, elle est une court naissance; de Tautre côté, elle est uneémo- « tion... Il n'y a là qu'un seul et même fait à (c deux faces, Tune intellectuelle, l'autre efîec- « tive et impulsive. » Nous pensons que M. Taine n'a pas considéré d'assez près le phénomène qu'il décrit. L'idée et l'émotion qui en est la conséquence, sont deux faits distincts se rattachant à des principes séparés.

Pour s'en convaincre, il suffit d'étudier le caractère propre de l'idée et de l'émotion. L'idée attire l'objet dans le sujet d'après le mode d'être du sujet, tandis que l'émotion entraîne le sujet vers l'objet, ou elle Ten éloigne, selon qu'elle est agréable ou pénible. Pour que j'aie une idée, il faut que non seulement l'objet vienne à moi, mais il est nécessaire qu'il soit en moi par son image; l'émotion, au contraire, me fait, en quelque sorte, sortir de moi pour aller vers un objet qui m'attire, ou elle me fait fuir si elle est douloureuse. Ce

Page 1