‹ Les philosophes de vingt ans: proverbe en un acteChapitre 11 sur 17 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

MARIANNE, prenant le livre.

Eh bien!... je ferai camme elle.., en tendez- vous, Karl? — Ah ! que je suis contente d*être venue !

KARL

Vous reviendrez encore?...

MARIANNE

Oh ! non ; cela pourrait se savoir, et cela ferait de la peine à mon oncle, parce qu'il n'est pas du tout dans les idées nouvelles; il dirait : si vous vouiez être ensemble, mariez- vous.

KARL

Oui, mariez-vous, c'est le grand mot! Eh bienl non; sans nous marier, nous saurons nous arranger une existence trèsagréable ; d'abord, moi, j'adore les voyages.

MARIANNE

Moi aussi!

KARL

Nous voyagerons.

MARIANNE

Impossible! mon oncle ne sort pas de sa chambre, et nous ne pouvons pas, sans lui...

KARL

Ah!... nous ne pouvons pas... Eh bien! nous irons au bal, vous valserez toujours avec moi .

MARIANNE

Oh I non... car mon oncle dit que les jeunes filles ne doivent pas valser.

Ah!... les jeunes filles .. Eh bien! nous lirons ensemble nos livres favoris, j'irai vous voir tous les jours !

MARIANNE

Non, pas tous les jours, car mon oncle...

KARL

Vous refusez tout ce que je vous propose...

HÀRIANIVE.

Mais vous ne me proposez que des choses impossibles.

KARL

Dites plutôt qu'elles vous déplaisent I

MARIANNE

Mais non, ce n*est pas à moi, c'est à mou oncle^ qui dirait , que vous éloignez les prétendants.

KARL

Tiens, mais... c'est bien ce que j'espère; car vous comprenez bien^ et quoiqu'on n'ait que de l'amitié, que, s'il me fallait toujours voir un tiers entre nous, tout le cbarme^er^it détruit.

MARIANNE

Ils sont si ennuyeux, ces amoureux!... ils poussent des soupirs... ils vous font des compliments à perte de vue; l'autre jour, j'ai laissé tomber une fleur de mon corsage, aussitôt le comte de Stolberg s'est empressé de la ramasser et de la placer sur son cœur! ça m'a donné une envie de rire!...

KARL

Vous avez raison, ces manières-là sont ridicules!... qu'estce que ça prouve?

MARIANNE

Et puis, ils m'offrent le bras à la promenade, ils me demandent la permission de chanter avec moi.

KARL

Et votre oncle souffre tout cela?

MARIANNE

Il en est enchanté!

KARL

Il a un drôle de caractère, votre oncle.

MARIANNE

Mais puisqu'il voudrait me marier.

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