‹ Les philosophes et les écrivains religieuxChapitre 24 sur 29 · BARTHELEMY S A INT-H I L A IR Ë · texte numérisé non relu

BARTHELEMY S A INT-H I L A IR Ë

Gabriel face à face, en descendre plus lourd et plus chargé de l'électricité divine...

C'est cette figure de Mahomet si longtemps déguisée par l'ignorance, l'erreur et l'injustice, que Barthélémy Saint-Hilaire a fait émerger des plus profonds travaux contemporains. Nous sommes loin, comme on le voit, des idées du xviii* siècle. Il n'y a plus ici de Tartufe, « les armes et l'encensoir à la main v, comme disait le carnavalesque Voltaire, ni de bouffon thaumaturge à la façon de Gibbon, ni de vil conducteur de chameaux, ni d'épileptique.

A la place de ces caricatures historiques, il y a la figure du grand homme, doux et inspiré, qui apprit aux arabes la miséricorde et l'aumône, et dont le cimeterre, qu'il a fini par tirer dans les intérêts de sa foi, n'a pas aveuglé de son éclat Barthélémy Saint- Hilaire, puisqu'il a écrit fermement cette parole vraie : c'est que le livre du Coran a fait plus que le sabre pour la domination du monde. Il ya, enfin, dans le Mahomet retrouvé d'aujourd'hui, un homme de génie qui croit à son génie, et ce génie, le plus grand

de tous aux yeux d'un monde qu'il sauve, s'appelle le génie religieux.

En écartant respectueusement Celui qu'il faut laisser sur ses autels et qu'un chrétien ne peut comparer à personne, Mahomet est une des trois ou quatre figures qui dominent l'humanité et son histoire. Barthélémy Saint-Hilaire, qui a épuisé toutes les questions intéressantes se rattachant à une telle personnalité, ne croit pas une minute que Mahomet soit un saltimbanque à grandes facultés ; mais il ne donne pas la raison profonde de sa bonne foi. Il ne donne pas la raison psychique et physiologique qui explique la mysticité et tous ses effets dans les fortes organisations religieuses.

Barthélémy^ Saint-Hilaire, sur cette question, s'en tient, selon moi, à d'incertains à peu près de philosophe et à des inductions sans portée : « Mahomet — « dit-il — pouvait bien croire que le Coran était « descendu du ciel, puisqu'il croyait également que « le Pentateuque et l'Évangile en étaient également « descendus ». Certes! ce n'est pas, pour les esprits difficiles, une suffisante raison, et c'est là, il me sem ble.un des points faibles de cette robuste dissertation, qui en a si peu.

Mais il est un autre point qui n'est pas seulement faible, mais qui est faux et que je demanderai à Barthélémy Saint-Hilaire la permission de signaler, non au sentiment de l'historien et du philosophe, mais à

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