V. les Tracts for the times
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prétentions. L'origine qu'on leur assigae est assez imposante d'ancienneté. Elles commencèrent à se produire, disent les écrits les plus renseignés, sous le règne de Charles I". Elles eurent pour premiers soutiens et premiers interprètes, le fameux Laud, archevêque de Cantorbery, et l'évêque Jérémie Taylor. On a cité aussi Somerset, Kenelm Digby, Dryden, le prince Clifford, premier ministre du roi Charles II (1). Si, comme l'a remarqué avec un reproche sévère Tauteur dn Dcveloppcmcn l de la doctrine chrétienne, les historiens ecclésiastiques n'avaient pas toujours manqué à l'Angleterre, on pourrait suivre pas à pas le mouvement d'idées que nous indiquons et en marquer vivement le progrès par les hommes qui le représentèrent. Peut-être même trouverait-on que l'origine des prétentions anglo-catholiques remonte plus haut que Charles 1". Pour les bien juger, dans leur source comme dans leurs conséquences, il ne faut pas perdre de vue que l'anglo-catholicisme est du catholicisme encore, faussé, il est vrai, adultérisé par une haine impie et stupide contre Rome, mais pourtant du catholicisme, et du catholicisme protestant ù son tour contre le Protestantisme de Henri VIII, c'est-àdire le circonscrivant. En efifet, qu'on lise avec attention le fameux traité {One trac Imore), on verra que
1. V. les Clarendon's slale papevs, et l'ouvrage plein de faits et de talent de J. Gondon, intitulé -.Du Mouvement religieux en Angleterre, par un catholique.
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l'Église anglo-catholique se pose comme indépendante des temps et des lieux, et qu'elle n'accepte que sous toute réserve les liens flottants des intérêts nationaux ou d'un gouvernement politique. Pourelle, Henri VIII n'est qu'un réformateur d'abus, et la plupart des réformateurs anglais, elle les regarde comme de simples défenseurs de la foi; rien de plus. Quant à celte œuvre de perdition qu'on appelle La Réforme de ce nom général et absolu qui embrasse tous les genres de réforme comme la peste embrasse tous les genres de peste, l'Eglise anglo-catholique nie qu'elle ait jamais été solidaire de son principe et de ses erreurs. Elle est une partie, elle est une branche de V Église de Jésus-Christ, sous l'autorité du Patriarcat romain ou sous celle de quelque autre constitution indépendante et antérieure. Non seulement elle passe de bien haut dans l'histoire par-dessus la tète vautrée de Henri VIII et de son Établissement, mais elle traite, avec une voix dont nous connaissons l'accent, nous, catholiques et romains, toute intervention de l'Etat dans l'Église, d'usurpation et de violation de droit. Il est bien évident que, pour nous qui sommes restés fidèles à la vérité, de pareilles assertions peuvent être discutées et poussées, les unes après les autres, dans l'abime tourbillonnant de l'inconséquence; mais, quoi qu'il en soit, on n'en reconnaît pas moins, sous ces affirmations plus faciles à articuler qu'à prouver, les racines à moitié arrachées du catholi-
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cisme, le germe oublié que rien n'a pu étouffer, la trace de ces idées traditionnelles mal effacées d'abord et qui finiront par reparaître, lettre par lettre, comme les merveilleux caractères de quelque palimpseste divin.
Du reste, les faits ont répondu suffisamment d'euxmêmes. Malgré le nombre des anglo-catholiques au sein de l'Église anglicane, la Grande-Bretagne, cette image glorieuse de la concentration politique, n'en a pas moins ressenti les influences funestes du protestantisme continental. Elle a vu se retourner contre elle le principe qu'elle avait invoqué. Comme il arrive toujours, lorsque le dogme est compromis, lorsque la tradition s'altère, la discipline s'est relâchée et les mœurs se sont corrompues. Danger père d'un autre danger, le pouvoir de lËtat est intervenu pour resserrer les nœuds de la discipline. Sous Henri VIII, lord Herbert l'avait bien prévu. Il avait dit dans le conseil qu'à la place d'une autorité morale s'établirait une force matérielle, à laquelle on sacrifierait l'indépendance de l'Église (1). Les désordres, qui se multiplièrent, amenèrent la réaction évangélique de Wesley et de Whitefield, qui arracha tant d'âmes à l'Eglise anglicane. Des historiens actuels disent la moitié de la population d'Angleterre (2).
1. Villemain, Histoire de Cromivell. V. Alzog, Histoire de rÈf/lise universelle.