I. Parménide, p. 127-128, traduction Cousin
LES ÉLÉATES t33
Peut-il être question de Leucippe ou d'Anaxagore ? — Ont-ils seulement donné signe de vie quand Zenon, tout jeune*, discute déjà? Et, en tous cas, pense-t-on vraiment qu'à la distance où ils sont du foyer éléate une controverse eût pu se prolonger avec persistance ? Gomment ne pas songer, avec M. P. Tannery, à ceux près de qui, au milieu de qui, pourrait-on dire, s'est exprimée la pensée de Parménide, à ceux dont le contact est permanent, aux Pythagoriciens, de qui l'idée maîtresse était justement d'enfermer Têtre dans la pluralité discontinue? L'examen des raisonnements euxmêmes confirme absolument ces indications générales. A travers les commentaires d'Alexandre d'Aphrodisias et de Simplicius, Eudome nous, renseigne d'abord sur quelques-uns de ces arguments. « Zenon disait que si quelqu'un lui enseignait ce qu'est l'un, il pourrait dire ce que sont les choses. La difficulté, semble-t-il, était que chaque chose sensible est pluraUté, soit eu égard à ses attributs, soit par division, et qu'il pose le point comme n'étant rien : car ce qui étant ajouté ne fait pas augmentation, et étant retranché ne fait pas diminution, il le considérait comme ne faisant pas partie de ce qui est^.. » Simplicius reproduit mqil l'argument en semblant indiquer que Zenon a nié