Idem, p. 138, E
2. Simplicius, in Phys., 21, a. Cf. Tannery, Pour la science hellène, p. 252.
l34 LES PHILOSOPHES-GÉOMÈTRES DE LA GRÈCE
Funité. Alexandre d'Aphrodisias ne s'y était pas trompé*. L'unité, qui n'est rien pour Zenon, et qu'il ne comprend pas, est celle dont on veut former un élément de la pluralité. L'adversaire voudrait que cette unité fut le point, le point ayant une position ; Aristote nous a suffisamment édifiés sur cette conception du nombre pythagoricien. Zenon montre qu'elle n'est pas soutenable : le point n'est rien et la pluralité qui se forme de semblables unités n'est rien non plus.
Simplicius présente d'ailleurs lui-même les choses plus clairement. « Zenon, dit-il, montre que si les choses sont pluralité, elles sont en même temps grandes et petites, tellement grandes que leur grandeur est infinie, tellement petites qu'elles n'ont pas de grandeur ^ » Et l'argumentation qui suit est aisée à comprendre. D'une part, l'élément de la pluralité n'est rien, car il n'a ni grandeur, ni épaisseur, ni volume : au-dessous de toutes dimensions qu'on essaierait de lui donner, il en est toujours de plus petites, à raison de la possibilité de la division à l'infini. Et si les éléments sont ainsi des riens, la pluralité est elle-même au-dessous de toute giandeur. D'autre part, la division d'une chose quelconque donnant toujours et indéfiniment des fragments d'une certaine grandeur, un nombre infini de ces fragments fera donc une grandeur infinie...