‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 33 sur 104 · I. Idem · texte numérisé non relu

I. Idem

G. MiLHAUD. — Philosophes-Géomètres. lo

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tiplicité des qualités. A cet égard, le philosophe de ClazomènCi qui peut être mis par là en opposition directe avec Démocrite, aura une influence incontestable sur la pensée de Platon.

Démocrite.

Démocrite fut certainement un géomètre. Nous avons eu l'occasion de citer le mot que nous a conservé de lui Clément d'Alexandrie, et par lequel il se déclarait supérieur aux Harpédonaptes égyptiens, qui manient des figures avec démonstration. Diogène Laerce dit d'autre part, dans le chapitre qu'il lui consacre : (( Ses écrits montrent assez quel il était. Thrasillus affirme qu'il avait pris pour modèle les Pythagoriciens, et, en eflet, il a cité lui-même Pythagore avec éloge dans le traité qui porte le nom de ce philosophe. On pourrait même croire, n'était la différence des temps, qu'il lui a dû toutes ses doctrines et qu'il a été son disciple. » Plus enfin que ces réflexions de Diogène Laerce, la liste des écrits de Démocrite, qu'il nous donne d'après Thrasillus, est éloquente. En outre d'une série de travaux touchant à l'astronomie, à la géographie, probablement à la perspective des théâtres et à la clepsydre, nous trouvons mentionnés ces quatre titres : Sur une divergence d'opinion sur le contact du

ANAXAGORÉ ET DÉMOCRITE iti^

cercle et de la sphère ; — Traité dé géométrie : — Les nombres ; — Deux livres sur les lignes et les solides irrationnels. Si nous n'avons aucun de ces écrits, les titres seuls montrent assez non seulement que Démocrite s'occupa de mathématiques, mais même que ses préoccupations furent d'ordre aussi élevé que possible pour son temps ; par le dernier des écrits mentionnés, il contribuait sans doute personnellement à l'évolution des concepts géométriques au v® siècle.

Démocrite, un géomètre ? et non pas exclusivement un observateur empirique, comme Aristote semble en donner plutôt l'impression? Voyons de près les grandes lignes de sa physique et les tendances générales de sa pensée, nous jugerons ensuite plus sainement.

La matière est formée d'atomes. L'atome est un élément possédant toutes les propriétés qui caractérisent l'être deParménide : il est un, éternel, insécable, imperméable, plein, continu, étendu ; en outre, il se meut. La substance dont sont formés les atomes est une, homogène, qu'il s'agisse des minéraux ou des êtres vivants et animés : les atomes sont seulement plus ou moins subtils. Ils se distinguent plus généralement par leur forme et leur grandeur ; peut-être aussi par leur poids, mais ce dernier p oint est douteux Leur mouvement s'effectue grâce au vide dont l'existence est affirmée. Ce mouvement est d'ailleurs éter-

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nel, comme les atomes eux-mêmes, soit qu'il s'explique par la pesanteur, soit qu'on le déclare naturel, inhérent aux atomes, comme fera Epicure. Les atomes s'entrechoquent sans cesse et rebondissent, d'où résultent des mouvements tourbillonnaires, qui forment dans l'univers des mondes innombrables.

Tel est le système brièvement exposé. Faut-il y voir seulement le résultat de constatations empiriques ? Aristote représente Leucippe et Démocrite guidés sans cesse par l'observation, et il les oppose à cet égard aux Platoniciens. S'ils ont affirmé l'existence du vide , c'est, selon Aristote, à la suite d'un certain nombre de remarques \

D'abord un tonneau qui contient du vin, le contient de même si celui-ci est enfermé dans une outre ; le vin se condense donc alors de l'épaisseur de l'outre, et pour cela, il est nécessaire qu'il contienne des vides.

En second lieu, le fait de la nutrition exige des vides dans les tissus qui forment le corps.

Enfin un vase plein de cendres reçoit de l'eau comme s'il ne contenait point de cendres ^

Peut-on dire d'après cela que Démocrite tirait de l'expérience son affirmation de l'existence du vide ?

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