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mouvement des atomes à travers le vide n'a pas eu de commencement : toutes propriétés qui dépassent démesurément la portée de Fexpérience.
Ainsi, nous pouvons l'affirmer sans crainte, le géomètre que la tradition nous fait connaître en Démocri te, est en même temps un des penseurs le plus fortement attachés au dogmatisme rationaliste.
Ce n'est pas d'ailleurs la seule remarque que nous suggère son atomisme au point de vue de l'histoire des concepts. Il y avait dans les idées deDémocrite quelque chose qui dépassait en importance le fait même du vide et des atomes, au point qu'on peut voir en lui un précurseur de la physique cartésienne, dont le premier souci est de les nier. La physique de l'atomiste est, en effet, idéalement mécanique et géométrique. La forme, la figure, le mouvement par choc, par impulsion, voilà les seules qualités spécifiques des atomes. Gomme Descartes plus tard, Démocrite ne construit-il pas le monde avec la forme étendue et le mouvement ? De ce point de vue la physique d'Abdère prend une importance capitale. Si elle doit être combattue par Aristote et sembler vaincue durant tout le Moyen- Age, qu'on ne croie pas que ce soit par la négation du vide et des atomes. Les idées devant lesquelles elle cédera, pour disparaître durant de longs siècles, sont celles qui créeront autant de substances que de qualités distinctes, et substitueront aux phénomènes purement
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mécaniques des transformations dynamiques de qualités. Enfin, à lire certaines réflexions d'Aristote, les atomistes auraient témoigné d'un esprit fort peu scientifique en attribuant au hasard le mouvement dont les atomes sont animés. D'eux-mêmes, ceux-ci auraient été inertes. 11 fallait, pour les mouvoir, un choc initial ou d'une façon quelconque, un premier moteur. Pour les animaux et les plantes, Leucippe et Démocrite acceptaient un germe d'où sort naturellement l'individu : c'était fort bien; mais quant à la formation des choses quelconques, ils s'en remettaient au hasard Eh bien ! si nous ne pouvons répondre avec une entière certitude à la question ainsi soulevée par Aristote, si nous ne pouvons indiquer avec précision ce qu'eût dit Démocrite pour expliquer le mouvement des atomes, — nous avons le droit pourtant d'affirmer que le reproche du Stagirite n'est pas mérité. De tous les physiciens de l'antiquité, Démocrite apparaît, au contraire, comme le plus invinciblement attaché à la détermination des effets par leur causes. Certes il est bien vrai, et nous ne sommes pas surpris qu'Aristote s'en trouve choqué, que la finalité est rigoureusement exclue du système ; mais aux yeux du penseur d'Abdère, rien ne se produit au hasard, rien ne vient à l'aventure : tout a sa raison et sa nécessité. Stobée *