‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 68 sur 104 · I. Janet, op, cit., p. i · texte numérisé non relu

I. Janet, op, cit., p. i

ensuite voir dans Tidée, Tobjet de cette science si longtemps poursuivie, un simple résidu de la sensation?

Il est vrai que celle-ci n'est pas étrangère à l'opération par laquelle Tâme pose Tidée ; mais elle ne joue alors qu'un rôle très restreint. Les caractères sensibles qui nous frappent ne sont pour nous que l'occasion de nous élever à l'idée, ils nous en suggèrent la recherche ; et, tandis que l'idée générale résulte toujours de la constatation des caractères communs à une multitude de choses, nous sommes conduits à poser l'idée platonicienne bien plus par la contradiction des impressions extérieures que parleurs ressemblances. Dans la République, Platon distingue justement parmi les perceptions celles qui excitent l'activité de l'entendement, et celles qui le laissent indifférent. «J'entends, ditSocrate, comme n'invitant point l'entendement à la réflexion tout ce qui n'excite point en même temps deux sensations contraires ; et je tiens comme invitant à la réflexion tout ce qui fait naître deux sensations opposées, lorsque le rapport des sens ne dit pas plutôt que c'est telle chose que telle autre chose tout opposée \ » D'autre part l'idée générale ordinaire est formée d'un certain nombre de caractères communs a une multitude, et que l'on a simplement isolés par abstraction de ceux auxquels ils étaient joints dans la réalité. L'idée de Platon en est

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