‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 75 sur 104 · I. Timée, 49» c, trad. Martin · texte numérisé non relu

I. Timée, 49» c, trad. Martin

G. MiLHÀUD. — Philosophes-Géomètres . 19

de For ; quant à toutes les formes que recevrait cet or, il ne faudrait pas en parler comme si c'étaient des êtres,

puisqu'elles changent à mesure qu'on les produit

Il en est de même de la chose qui reçoit tous les corps : il faut toujours lui donner le même nom, car elle ne sort jamais de sa propre nature. Elle reçoit toujours tous les objets sans prendre jamais aucune des formes de ce qui entre en elle, car elle est le fond commun de

toutes les natures différentes* » Par rapport à ce

qui est produit (ro ytyvo/xevov), cette chose est (( ce dans quoi cela est produit », to èv co yiyveTat. Par rapport à l'être éternel, aux essences idéales, elle joue le rôle passif de la mère, qui reçoit ce qui vient du père pour former l'enfant (xaî Jy? Trpoaeaaaat Tupsiret to fjtsv Je;^6fjLevoy /zriTpt', TO ô'ôOev iraTpt', Tr,v $k fjLera^ù toutwv cpuatv iKyovo)...). Cette mère, ce réceptacle ne possède aucune forme. (( C'est une espèce de nature invisible et sans forme qui reçoit tout et qui tient en quelque manière à l'être intelUgible, mais d'une façon bien douteuse et bien insaisissable. Autant qu'on peut approcher de la connaissance de sa nature, ce qu'on peut en dire de plus juste, c'est que le feu paraît toujours en être une partie enflammée, l'eau une partie mouillée, etc. ^ . . . »

Nous est-il permis de dire avec plus de précision que Platon ce qu'est pour lui celte matière première, récep-

Page 1