‹ Les philosophes-géomètres de la Grèce, Platon et ses prédécesseursChapitre 78 sur 104 · I. Timée, 58, tr. Martin · texte numérisé non relu

I. Timée, 58, tr. Martin

particuliers que Platon va appliquer son grand principe de l'impossibilité du vide.

La théorie de la respiration, telle que l'expose le Timée, est assez difficile à saisir dans tous ses détails : une seule chose est évidente, c'est le rôle qu'y joue la poussée circulaire, la TreptoxJtç, par laquelle se manifeste nécessairement le mouvement dans le plein*. « Examinons de nouveau la respiration, et voyons par quelles causes elle s'est établie telle qu'elle est aujourd'hui. Les voici. Comme il n'y a aucun vide dans lequel puisse entrer un corps en mouvement, et que le souffle est éftiis hors de nous, il est évident pour tout le monde qu'il n'entre pas dans le vide, mais qu'il pousse et déplace l'air voisin. Cet air poussé chasse d'autre air, et toujours ainsi de proche en proche, et d'après cet effet nécessaire, tout l'air poussé circulairement vers la place d'où le souffle est sorti, s'y introduit et la remplit en suivant toujours le souffle qui sort ; tout ce mouvement semblable à celui d'une roue que l'on tourne a lieu parce que rien n'est vide. C'est pourquoi la cavité de la poitrine et du poumon, chassant le souffle au dehors, est remplie à son tour par l'air qui entoure le corps, et qui, poussé circulairement, pénètre à travers le tissu peu serré des chairs : ensuite cet air, retournant sur ses pas et ressortant à travers le corps, force la res-

Page 1